PLF 2026 : pas confiance, pour les indépendants et les TPE

L’Assemblée nationale se prononcera prochainement sur les motions de censure déposées à la suite du déclenchement du 49-3 par le Premier Ministre. Leur probable rejet permettra enfin l’adoption du budget du gouvernement. Sur le principe, la stabilité budgétaire demeure une nécessité : l’économie française a besoin d’un cadre financier et les entreprises ont besoin de visibilité.

Marc Sanchez (1)
By Marc Sanchez Published on 20 janvier 2026 15h57
Tpe
PLF 2026 : pas confiance, pour les indépendants et les TPE - © Economie Matin
95%Les TPE représentent 95 % des entreprises françaises

Un budget insipide face à une crise de confiance

Pour autant, ce budget insipide ne répond pas à l’enjeu central du moment : le rétablissement de la confiance, en particulier pour les travailleurs indépendants, les artisans, les commerçants et les dirigeants de très petites entreprises. L’année 2025 a été marquée par des pics historiques de défaillances d’entreprises et de cessations volontaires d’activité, révélateurs d’un découragement profond du tissu économique de proximité comme le révèle la dernière enquête du SDI.

Il ne s’agit plus de difficultés conjoncturelles isolées, mais bien d’une crise structurelle, diffuse et durable, qui touche l’ensemble des territoires. Les perspectives pour 2026 s’annoncent, selon les indicateurs disponibles, au moins aussi dégradées.

Le déni des fragilités de la proximité

Dans ce contexte, le budget adopté apparaît largement insuffisant pour répondre aux fragilités des TPE. Il ne propose ni cap clair, ni mesures de simplification significatives, ni allègement crédible des contraintes fiscales, sociales et administratives qui pèsent sur les plus petites structures.

Par ailleurs, les surtaxes ciblant les grandes entreprises, présentées comme indolores pour l’économie de proximité, risquent en réalité de produire des effets de report massifs sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Les grandes entreprises disposent de leviers de négociation leur permettant de répercuter ces hausses sur leurs sous-traitants, prestataires et fournisseurs, majoritairement constitués de TPE et d’indépendants.

L’asphyxie silencieuse des dirigeants

Selon la dernière enquête du SDI, ces entreprises évoluent déjà avec des marges fortement contraintes, absorbant les hausses de coûts au détriment de la rémunération des dirigeants eux-mêmes. Dans ce contexte, toute pression supplémentaire sur les prix ou les délais de paiement fragilise directement la viabilité économique des plus petites structures.

L’appel à la reconnaissance du rôle central des entreprises de proximité dans l’économie réelle.

L’adoption du budget ne saurait suffire à enrayer l’actuelle spirale de défiance et de découragement. Sans confiance, il n’y a ni investissement, ni embauche, ni transmission d’entreprise. Le gouvernement disposera d’un budget ; il lui appartient surtout, dans les mois à venir, de corriger le cap et de replacer les indépendants et les TPE au cœur de la stratégie économique nationale, faute de quoi le décrochage observé ces dernières années s’inscrira durablement dans le paysage économique au détriment des emplois et de la production de proximité.

Marc Sanchez (1)

Marc Sanchez est Secrétaire Général du Syndicat des Indépendants (SDI) depuis 1993. Le SDI est la seule organisation interprofessionnelle patronale apolitique et financièrement indépendante dédiée à l’ensemble des entreprises de moins de 20 salariés, qui représentent 98 % des entreprises françaises, à savoir : les indépendants, TPE (Très Petites Entreprises) et PME (Petites et Moyennes Entreprises).   Les missions du Syndicat : • Donner la parole aux Indépendants, TPE et PME • Porter leurs voix • Replacer leurs propositions au cœur des décisions économiques et politiques   Aujourd’hui, le SDI représente 25 000 dirigeants, commerçants, artisans et professions libérales.

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