PME : une entreprise sur deux a vu son taux de marge reculer en 2025

Le rapport 2026 de l’Observatoire du financement des entreprises, publié par la Banque de France, révèle des écarts importants derrière la résistance moyenne des marges. La trésorerie des PME et des entreprises de taille intermédiaire s’est également tassée, alors que l’accès au crédit demeure globalement assuré.

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By Published on 27 octobre 2026 13h09
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PME : une entreprise sur deux a vu son taux de marge reculer en 2025 - © Economie Matin

Une PME sur deux, hors microentreprises, a vu son taux de marge diminuer en 2025. C’est l’un des constats du rapport annuel 2026 de l’Observatoire du financement des entreprises, diffusé le 26 octobre par la Banque de France. Le document décrit des entreprises encore relativement solides dans leur ensemble, mais dont les situations financières divergent de plus en plus.

Des marges qui résistent en moyenne, mais pas dans toutes les entreprises

Les chiffres moyens donnent d’abord l’image d’une résistance : le taux de marge, c’est-à-dire la part de la valeur ajoutée restant à l’entreprise après les charges de personnel et les impôts de production, a progressé en 2025 pour les différentes tailles d’entreprises étudiées. Pourtant, 50 % des PME hors microentreprises ont enregistré une baisse individuelle de leur taux de marge. C’est également le cas de 49 % des microentreprises et de 48 % des entreprises de taille intermédiaire (ETI).

Ces proportions sont légèrement meilleures que celles de 2024 pour les PME hors microentreprises et les ETI, mais elles montrent pourquoi une moyenne sectorielle ne suffit pas à juger de la santé d’un tissu économique. Une amélioration globale peut coexister avec des difficultés importantes pour une partie des dirigeants.

Le ralentissement de l’activité apparaît aussi dans le chiffre d’affaires. Celui des PME hors microentreprises a augmenté de 1,5 % en 2025, après 1,8 % en 2024, alors que sa croissance annuelle moyenne atteignait 4,2 % entre 1997 et 2019. Pour les ETI, la progression est de 1,2 %, contre une moyenne historique de 3,6 %. Les microentreprises affichent une croissance plus soutenue, de 3,4 %.

La trésorerie se contracte davantage dans les ETI

Le rapport met en évidence une deuxième divergence : la trésorerie médiane des ETI est passée de 59 à 52 jours de chiffre d’affaires entre 2024 et 2025. Pour les PME hors microentreprises, elle a légèrement reculé, de 51 à 50 jours. À l’inverse, celle des microentreprises est passée de 61 à 64 jours.

Ces niveaux demeurent, dans l’ensemble, supérieurs à ceux d’avant la pandémie. Le secteur de l’hébergement et de la restauration se distingue néanmoins : pour les PME hors microentreprises et les ETI, son matelas de trésorerie était revenu en 2025 au niveau précédant la crise sanitaire.

Autre indicateur suivi par la Banque de France : parmi les entreprises cotées concernées, la proportion bénéficiant des meilleures appréciations de capacité de remboursement diminue depuis 2022. Elle est notamment passée de 66 % à 58 % pour les PME hors microentreprises, et de 68 % à 58 % pour les ETI. Cette mesure porte sur la capacité à honorer des engagements financiers à un horizon d’un à trois ans, et non sur des défaillances déjà constatées.

Le crédit reste accessible, mais anticiper les difficultés devient essentiel

Le constat n’est pas celui d’un arrêt général du financement. Dans son communiqué accompagnant le rapport, l’Observatoire indique que l’accès au financement bancaire reste globalement assuré. Il souligne toutefois la nécessité d’une vigilance accrue face au niveau élevé des défaillances, aux difficultés de certaines entreprises et aux incertitudes économiques.

Pour un dirigeant, les indicateurs à surveiller ne se limitent donc pas à la hausse ou à la baisse du chiffre d’affaires. L’évolution de la marge, les liquidités disponibles et la capacité de remboursement donnent une lecture complémentaire des tensions financières. Une trésorerie encore positive peut se réduire progressivement, tandis que la rentabilité se dégrade.

Le rapport insiste sur la détection précoce des fragilités et sur le recours aux dispositifs d’accompagnement avant qu’une situation ne devienne critique. Les entreprises confrontées à des difficultés avec leurs établissements financiers peuvent notamment saisir la médiation du crédit. La Banque de France rappelle également l’existence des tiers de confiance de la médiation, joignables au 3414.

Le principal enseignement de ce bilan est ainsi la coexistence d’un financement bancaire encore largement disponible et de fragilités financières très inégalement réparties. Pour les petites entreprises, la prévention repose d’abord sur une observation régulière de leurs propres comptes, plutôt que sur les seuls indicateurs moyens de l’économie.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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