Neuf syndicats de pompiers ont lancé une grève de six semaines à partir du 8 septembre 2026 pour réclamer un financement pérenne d’un système qui mobilise plus de 6 milliards d’euros annuels. Les départements, qui financent 59% de ce budget, subissent l’augmentation de 30% des interventions depuis 2002. Le projet de loi de modernisation présenté le 8 septembre déçoit les syndicats qui attendent des engagements budgétaires concrets.
Pompiers : début d’une grève de 6 semaines dans les casernes de France

Depuis le 8 septembre 2026, neuf syndicats de pompiers sont en grève jusqu'au 20 octobre. Leur principale revendication porte sur le financement d'un système de sécurité civile qui mobilise plus de 6 milliards d'euros par an. Les départements, qui contribuent à hauteur de 59% de ce budget, soit plus de 5 milliards d'euros, sont particulièrement affectés par la hausse constante des interventions. Cette mobilisation fait suite à la présentation décevante du projet de loi de modernisation de la Sécurité civile par le ministère de l'Intérieur.
Une grève de six semaines pour réclamer des moyens accrus
Huit syndicats en intersyndicale, rejoints par un neuvième syndicat, ont déposé un préavis de grève jusqu'au 20 octobre 2026, coïncidant avec le début de l'examen du projet de loi de finances, un moment clé pour les syndicats. Xavier Boy, porte-parole de l'intersyndicale et représentant du syndicat FA SPP-PATS, critique le projet de loi présenté par Laurent Nuñez, directeur de la sécurité civile, qui selon lui "évite les sujets essentiels". Les pompiers professionnels, en tant que fonctionnaires territoriaux, comptent exprimer leurs attentes par des banderoles et des messages sur les camions d'intervention.
Un financement disproportionné pour les départements
Le budget des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) dépasse 6 milliards d'euros, les collectivités territoriales en assurant plus de 5 milliards. Les départements financent directement 59% de ce budget, ce qui entraîne des disparités territoriales selon leurs capacités financières. L'intersyndicale réclame l'embauche de 21 000 professionnels supplémentaires, chiffre basé sur un rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA) de 2025. Actuellement occupés par des pompiers volontaires, ces postes nécessitent une professionnalisation pour faire face à la hausse continue des interventions. La concertation du Beauvau, lancée en 2024, devait aboutir à une refonte du système jugé dépassé.
Les défis financiers exacerbent le conflit
Depuis 2002, les interventions des pompiers ont augmenté de plus de 30%. Le secours d'urgence aux personnes représente désormais 87% des missions, contre 59% auparavant, illustrant le vieillissement de la population et les difficultés du système de santé. Les pompiers, confrontés à des missions élargies, voient leurs ressources s'épuiser. Xavier Boy prévient sur franceinfo : « On ne peut pas prétendre protéger la population en organisant l'épuisement de ceux qui portent secours ». Les départements, déjà sous pression budgétaire, ont vu la situation s'aggraver après les mégafeux de l'été 2026 dans le Sud-Ouest.
Le projet de loi de modernisation : des attentes non comblées
La présentation du projet de loi le 8 septembre a fortement déçu les syndicats. David Saquet du syndicat Unsa indique que la colère « gronde dans les casernes » et ne s'apaisera pas sans réponses concrètes. Le texte omet des questions essentielles sur le financement pérenne et la reconnaissance du métier de pompier comme profession dangereuse. Après plus de 20 ans sans législation majeure, les syndicats espéraient une refonte ambitieuse. Le projet propose des contrats territoriaux sous autorité préfectorale, mais sans garanties financières pour les SDIS.
Chronologie et enjeux politiques
Le 8 septembre 2026, Laurent Nuñez a présenté le projet de loi de modernisation de la Sécurité civile. Quelques heures après, les syndicats ont lancé leur grève, un mouvement qui n'affectera pas les secours grâce aux réquisitions possibles dans certaines régions. Le 29 septembre 2026, une manifestation nationale est prévue à Paris pour maintenir la pression avant l'examen du projet de loi de finances. La grève doit s'achever symboliquement le 20 octobre, jour de l'examen du budget 2027. Les syndicats espèrent obtenir des engagements financiers pour l'embauche de 21 000 professionnels. L'urgence de moderniser le système de sécurité civile est renforcée par les enjeux environnementaux et climatiques actuels.
