Pourparlers Russie-Ukraine : l’Europe en alerte avant le sommet Trump-Poutine

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By Jehanne Duplaa Last modified on 11 août 2025 9h23
Pourparlers Russie-Ukraine : l’Europe en alerte avant le sommet Trump-Poutine
Pourparlers Russie-Ukraine : l’Europe en alerte avant le sommet Trump-Poutine - © Economie Matin
66 %La production de missiles balistiques en Russie aurait augmenté de 66 % en un an

Le 11 août 2025 marque un tournant dans les pourparlers autour du conflit en Ukraine. Trois jours avant un sommet inédit entre Donald Trump et Vladimir Poutine, prévu le 15 août en Alaska, l’Union européenne convoque en urgence ses ministres des Affaires étrangères. L’objectif : peser sur les discussions et garantir que l’Ukraine soit représentée, alors que les signaux venus de Moscou et Washington laissent planer l’ombre d’un compromis négocié sans Kiev.

L’Europe en ordre de bataille diplomatique

Depuis Bruxelles, le chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas ne mâche pas ses mots : « Tout accord entre les États-Unis et la Russie doit inclure l’Ukraine et l’UE car c’est une question de sécurité pour l’Ukraine et pour l’ensemble de l’Europe », rapporte France24.
Cette réunion extraordinaire vise à éviter qu’un marchandage sur des échanges de territoires ne soit acté au détriment de Kiev. Une déclaration commune insiste sur la nécessité d’« une diplomatie active, un soutien à l’Ukraine et une pression sur la Fédération de Russie » pour espérer la paix.

Kiev sur tous les fronts

Kiev redoute un scénario où le sommet de l’Alaska serait l’occasion d’un accord de coulisses entre Trump et Poutine.
Sur le terrain, la guerre ne faiblit pas : le 10 août, 6 morts et 19 blessés sont recensés dans les régions de Donetsk, Zaporijjia et Kherson. L’armée ukrainienne revendique également une frappe contre une raffinerie pétrolière à Saratov, en Russie.

Washington et Moscou, entre tension et calcul stratégique

Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche en janvier, avait promis de mettre fin aux combats « en un jour ». Pourtant, selon une analyse de la BBC, la Russie a doublé le nombre de missiles et drones tirés vers l’Ukraine depuis son investiture. Entre le 20 janvier et le 19 juillet 2025, Moscou a lancé 27 158 munitions, contre 11 614 lors des six derniers mois du mandat de Joe Biden.
À deux reprises, en mars et en juillet, l’administration Trump a suspendu les livraisons de systèmes antiaériens et de munitions, avant de revenir sur sa décision. « Il est clair que Poutine se sent enhardi par la faiblesse de Trump », estime le sénateur américain Chris Coons, évoquant des frappes répétées sur des cibles civiles, dont des hôpitaux et des maternités.

La production de missiles balistiques en Russie aurait augmenté de 66 % en un an

L’escalade militaire russe

La production de missiles balistiques en Russie aurait augmenté de 66 % en un an, atteignant 85 unités par mois. Les drones « Geran-2 », inspirés du Shahed iranien, seraient désormais produits à un rythme estimé à 170 par jour, grâce à une usine géante à Alabuga. Le directeur de l’installation, Timur Shagivaleyev, s’est même vanté qu’il s’agissait de « la plus grande usine de production de drones de combat au monde », selon la BBC.
Ces capacités renforcées compliquent la défense ukrainienne, déjà affaiblie par la réduction temporaire de l’aide militaire américaine. Selon l’analyste militaire Justin Bronk, cette combinaison « a encouragé Moscou à intensifier sa campagne aérienne ».

Une partie d’échecs diplomatique

En coulisses, Washington multiplie les signaux à destination du Kremlin : déclarations conciliantes, propositions de sanctions sévères en cas de refus de cessez-le-feu. Poutine, lui, consulte ses alliés stratégiques, de Xi Jinping à Narendra Modi, afin d’élargir sa marge de manœuvre avant l’Alaska.
Reste à savoir si l’Ukraine sera effectivement invitée à la table. L’ambassadeur américain à l’OTAN, Matthew Whitaker, a laissé entendre que cette option restait « possible », mais qu’elle dépendrait de Donald Trump.

Pourparlers de l’Alaska : un tournant stratégique pour l’Ukraine et l’Europe

Entre pressions européennes, inquiétudes ukrainiennes et calculs géopolitiques américano-russes, les pourparlers de l’Alaska s’annoncent comme un moment de vérité. Les choix opérés dans les prochains jours pourraient redessiner non seulement la carte de l’Ukraine, mais aussi l’architecture sécuritaire de l’Europe pour la décennie à venir.

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