En Italie, la noisette traverse une crise sans précédent. Entre réchauffement climatique, chute brutale des rendements et tensions sur l’agroalimentaire, le fruit sec indispensable à la fabrication de pâtes à tartiner ou de chocolats devient rare et donc cher, au grand dam des consommateurs européens.
Consommation : Pourquoi le prix du Nutella (et des noisettes) risque d’augmenter ?

Le 30 septembre 2025, les producteurs italiens alertent : la noisette, pilier de l’agriculture nationale et ingrédient phare du secteur agroalimentaire sucré, connaît un effondrement historique de sa production.
La noisette italienne frappée par le réchauffement climatique
La noisette, cultivée sur près de 95 000 hectares de vergers en Italie, subit de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Dans le Piémont, mais aussi dans le Latium et en Campanie, les producteurs constatent une combinaison de phénomènes destructeurs : un hiver trop doux, des pluies printanières violentes, des températures élevées puis une sécheresse marquée en juin. Selon Sky TG24, ces aléas ont entraîné une perte de 60 % de la production alors que le pays représente près de 20 % de la production mondiale se plaçant en deuxième position des pays producteurs derrière la Turquie (70%).
« Encore une année noire pour la production qui s’effondre de 60 % sous l’effet du changement climatique », a résumé Cristiano Fini, président de la Cia-Agricoltori Italiani, cité par ANSA. Derrière cette formule choc se cache une réalité chiffrée : la récolte italienne est passée de 102 000 tonnes en 2023 à 85 000 tonnes en 2024, avant de chuter dramatiquement en 2025.
Des rendements divisés par quatre et des prix en forte augmentation
La crise se mesure aussi sur le terrain, où les producteurs voient les noisettes tomber prématurément. « En juillet, nous avons commencé à voir tomber des noisettes vides, et par rapport à un rendement normal de 20 quintaux à l’hectare, la récolte est bloquée à 5 », témoigne Daniela Ferrando, productrice à Alessandria, dans Agricultura.it. Cette perte de rendement, multipliée sur des milliers d’hectares, entraîne mécaniquement une envolée des prix.
Selon Sky TG24, les prix des noisettes pourraient tout simplement doubler cette année. Pour l’industrie agroalimentaire italienne, des géants de la chocolaterie aux fabricants de glaces, cette flambée signifie des coûts de production beaucoup plus lourds. En bout de chaîne, le consommateur risque donc de payer plus cher son pot de Nutella ou sa tablette de chocolat aux noisettes.
Un secteur agroalimentaire sous pression et la menace des importations
Face à cette situation, les organisations agricoles réclament une réponse nationale coordonnée. « Nous jugeons indispensable la convocation d’une table de filière nationale dédiée », a insisté Cristiano Fini, dans Sky TG24. L’objectif est de soutenir les producteurs, de stabiliser la chaîne d’approvisionnement et d’éviter que la filière ne perde sa compétitivité.
En parallèle, des alternatives apparaissent : selon WineNews, l’importation de noisettes en provenance du Chili et de l’Oregon est envisagée. Mais cette concurrence internationale inquiète, car elle menace le rôle central de l’Italie, deuxième producteur mondial après la Turquie. Pour un pays où la noisette est à la fois un symbole agricole et un pilier économique, la perspective d’une dépendance accrue aux importations ouvre un nouveau front dans la bataille de la souveraineté alimentaire.
