Malgré les réformes successives, les inégalités de pension entre les femmes et les hommes persistent à un niveau élevé. En France, les femmes perçoivent en moyenne une retraite inférieure de 38 % à celle des hommes (26 % en incluant les pensions de réversion), principalement en raison d’écarts salariaux et de carrières plus souvent hachées.*
Retraite des femmes : les avancées 2026 suffiront-elles à corriger des inégalités structurelles ?

Chez les dirigeantes et indépendantes, la vulnérabilité est particulièrement marquée : 78 % des femmes dirigeantes et 71 % des indépendantes déclarent se sentir fragiles face à la perte de revenus à la retraite (Sondage Lilycare x Swiss Life France x OpinionWay, 2024).
Pour Lilycare, spécialiste de la protection sociale des travailleurs non salariés, les mesures introduites en 2026 constituent une évolution importante, mais elles ne sauraient, à elles seules, compenser des inégalités construites tout au long de la carrière.
Les femmes sont souvent pénalisées dans leur parcours professionnel : temps partiel, interruptions liées à la maternité, inégalités salariales… Ces réalités ont un impact direct sur le montant de leur future retraite. Les réformes récentes vont dans le bon sens, mais elles ne remplacent pas une stratégie d’anticipation.
Calcul de la retraite : un mécanisme désormais plus favorable aux mères
Au régime général, la pension est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années. La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 modifie ce paramètre pour les mères de famille : 1 enfant : calcul sur les 24 meilleures années et 2 enfants : calcul sur les 23 meilleures années. Cette évolution bénéficie particulièrement aux femmes ayant connu des revenus irréguliers ou des périodes de baisse d’activité.
Les dispositifs existants demeurent :
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4 trimestres attribués au titre de la maternité (automatiquement à la mère biologique ou adoptive, sauf cas spécifiques)
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4 trimestres au titre de l’éducation, attribués par défaut à la mère pour les enfants nés avant 2010, et partageables pour ceux nés après 2010 sous conditions déclaratives
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Majoration de 10 % de la pension à partir de 3 enfants
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Intégration des indemnités journalières maternité perçues depuis 2012 dans les 25 meilleures années à hauteur de 125 %
La loi de finances 2026 ouvre également la possibilité pour les femmes de mobiliser 2 trimestres liés aux enfants dans le cadre d’un départ anticipé pour carrière longue, sous conditions.
Des effets variables selon les trajectoires
Pour les personnes nées après 1968, l’obtention du taux plein suppose la validation de 172 trimestres (43 années). Dans ce contexte, chaque trimestre et chaque année de référence compte.
Pour le calcul des trimestres, il faut faire les simulations : ce n’est pas toujours intéressant. Tout dépend des arrêts maladie, des coupures, des périodes à l’étranger ou d’autres aléas de carrière. Le congé maternité et le congé parental donnent droit à des trimestres, même sans revenus pendant la période. En revanche, en congé parental, l’absence de cotisations peut peser sur le montant final de la pension.
Si les ajustements récents améliorent certains paramètres techniques, ils ne corrigent pas les inégalités de revenus accumulées au fil des années. Pour les femmes entrepreneures ou en profession libérale, l’enjeu est d’autant plus stratégique que leur protection repose en grande partie sur leurs propres arbitrages.
Les dispositifs existent, mais ils sont complexes. Trop de femmes découvrent trop tard l’impact de leurs choix professionnels sur leur retraite. La clé, c’est l’anticipation et la compréhension fine des règles.
*Source : Ministère de l’Économie et des Finances
