« Sans colorant, sans conservateur » : ces madeleines contiennent pourtant six autres additifs, selon Yuka et Que Choisir

Madeleines, wraps, bonbons ou plats préparés : vingt produits de grandes marques sont visés par une enquête sur les promesses affichées sur leurs emballages. Les fabricants assurent que ces mentions sont exactes, mais les associations de consommateurs estiment qu’elles donnent une image trompeuse de la composition des aliments.

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By La rédaction Published on 3 novembre 2026 7h07
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« Sans colorant, sans conservateur » : ces madeleines contiennent pourtant six autres additifs, selon Yuka et Que Choisir - © Economie Matin
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Les madeleines Nature de Ker Cadélac affichent la mention « sans colorant, sans conservateur » sur leur emballage. Pourtant, leur recette contient six autres additifs, dont quatre classés à risque par l'application Yuka. C'est l'un des exemples mis en avant dans une enquête publiée par Yuka et Que Choisir Ensemble, mardi 3 novembre 2026.

Les deux organisations ont examiné vingt produits alimentaires dont les emballages vantent l'absence de certaines substances. Toutes les références sélectionnées contiennent pourtant d'autres additifs, parfois controversés. Une pratique que les associations ont baptisée additive washing.

Jusqu'à huit additifs dans des produits qui mettent en avant une recette « sans »

Le principe repose sur une distinction rarement expliquée au consommateur. Un aliment peut ne contenir aucun conservateur ni colorant tout en renfermant des épaississants, des émulsifiants ou des exhausteurs de goût.

La mention figurant sur le paquet reste donc techniquement exacte. Mais elle peut laisser penser que la composition du produit est plus simple qu'elle ne l'est réellement.

Les madeleines Ker Cadélac ne sont pas les seules concernées. L'enquête cite notamment les wraps au blé complet Old El Paso, les pains au chocolat Pasquier, les bonbons Miami Pik Haribo, les Pommes Noisettes Findus ou encore le cordon bleu de poulet Père Dodu.

Sur ces vingt références, les associations ont relevé entre un et huit additifs par produit. Toutes ont été choisies parce qu'elles contiennent au moins une substance jugée problématique selon les critères retenus pour l'enquête.

Sept produits renferment notamment des phosphates, cinq contiennent des mono- et diglycérides d'acides gras (E471) et quatre des carraghénanes (E407).

Ces substances sont autorisées dans l'alimentation sous certaines conditions, mais certaines font l'objet de travaux scientifiques sur leurs effets possibles en cas d'exposition élevée. Les classifications de risque utilisées par Yuka ne signifient pas qu'une portion de ces produits présente, à elle seule, un danger démontré.

Une simple mention « sans » peut changer la perception du produit

Pour les deux organisations, le problème dépasse la présence d'additifs dans les recettes. Il tient aussi à la manière dont les emballages influencent les achats.

Une étude publiée en 2018 dans la revue Food Quality and Preference, menée auprès de près de 2 000 personnes dans quatre pays européens, a montré que des produits portant une mention « sans » étaient généralement perçus comme plus sains que les mêmes aliments présentés sans cette indication.

Ce phénomène, appelé effet de halo, peut conduire un consommateur à tirer une conclusion générale à partir d'une seule caractéristique mise en avant.

L'enjeu est particulièrement sensible pour les produits destinés aux familles. Biscuits, brioches, confiseries et préparations pour les repas font partie des aliments étudiés, alors que les mentions rassurantes sont souvent placées bien en évidence sur l'emballage.

Dans leur enquête détaillée sur les vingt références, Yuka et Que Choisir rappellent que les compositions ont été relevées en octobre 2026. Les fabricants peuvent donc les modifier par la suite.

Les marques défendent leurs emballages, les associations demandent leur retrait

Six marques ont répondu aux sollicitations des associations avant la publication de l'enquête.

Ker Cadélac, Old El Paso, Ben's Original et Alsa défendent le même principe : lorsqu'un emballage indique « sans conservateur », il ne prétend pas nécessairement que le produit ne contient aucun additif.

Les fabricants soulignent également que la liste complète des ingrédients figure au dos des emballages. Ker Cadélac indique par ailleurs travailler à une nouvelle formulation de ses madeleines, sans annoncer de calendrier.

L'argument juridique n'est pas négligeable. Le règlement européen sur l'information alimentaire interdit déjà les indications susceptibles d'induire les consommateurs en erreur. En revanche, l'utilisation de mentions comme « sans colorant » ou « sans conservateur » ne fait pas l'objet d'une interdiction générale dès lors que le produit contient d'autres catégories d'additifs.

Yuka et Que Choisir Ensemble souhaitent changer cette situation. Elles demandent aux marques de retirer les mentions contestées et de revoir les recettes contenant les additifs qu'elles jugent les plus préoccupants.

Les associations réclament également une enquête nationale de la DGCCRF, chargée de contrôler les pratiques commerciales, ainsi qu'un encadrement européen plus précis des mentions « sans ».

Elles proposent notamment d'interdire ces allégations sur les aliments ultra-transformés et sur les produits classés D ou E au Nutri-Score. Aucune nouvelle interdiction de ce type n'a toutefois été adoptée à la suite de leur enquête.

Les vingt produits cités restent donc commercialisables avec leurs emballages actuels, sous réserve du respect des règles existantes. Les associations demandent désormais aux fabricants de modifier volontairement leurs mentions, sans attendre une éventuelle évolution de la réglementation.

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