AT&T, T-Mobile et Verizon lui auraient dit non : SpaceX envisage de racheter Boost Mobile, qui dépend de deux d’entre eux

Elon Musk veut faire de Starlink un véritable opérateur téléphonique aux États-Unis. Après avoir essuyé le refus des trois principaux acteurs du marché, SpaceX négocierait avec la maison mère de Boost Mobile. Une solution qui pourrait lui apporter des millions de clients, mais qui nécessite encore l’accord de ses futurs concurrents.

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By La rédaction Published on 3 novembre 2026 7h22
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AT&T, T-Mobile et Verizon lui auraient dit non : SpaceX envisage de racheter Boost Mobile, qui dépend de deux d’entre eux - © Economie Matin
14,58 MLILLIARDS $SpaceX affiche un chiffre d'affaires total de 14,58 milliards de dollars pour le troisième trimestre 2026

SpaceX pourrait bientôt franchir une nouvelle étape dans la téléphonie mobile. Selon des informations publiées lundi 2 novembre 2026 par le Washington Post, l'entreprise d'Elon Musk discute depuis plusieurs mois avec EchoStar, propriétaire de l'opérateur américain Boost Mobile.

Deux possibilités seraient étudiées : racheter Boost Mobile ou obtenir un accord pour utiliser son réseau. Dans les deux cas, SpaceX chercherait à accélérer le lancement de Starlink Mobile, un service destiné à concurrencer directement AT&T, Verizon et T-Mobile.

Après trois refus, Elon Musk cherche une autre porte d'entrée

D'après le quotidien américain, Elon Musk aurait déjà sollicité les trois grands opérateurs pour utiliser leurs infrastructures. Aucun n'aurait accepté de lui ouvrir son réseau afin de lancer un service concurrent.

Le dirigeant se serait alors tourné vers EchoStar. En octobre, il aurait personnellement discuté d'un éventuel accord avec Charlie Ergen, président du groupe qui possède Boost Mobile.

Ce rapprochement ne sortirait pas de nulle part. Les deux entreprises se connaissent déjà : en septembre 2025, EchoStar avait annoncé un accord de cession de fréquences à SpaceX, initialement évalué à 17 milliards de dollars. Cette opération devait notamment permettre de développer les connexions mobiles par satellite.

Mais Boost Mobile présente un autre intérêt. L'opérateur dispose déjà d'une activité commerciale, de clients et d'accords lui permettant de proposer des forfaits sur une grande partie du territoire américain.

À la fin du deuxième trimestre 2026, EchoStar comptait 7,38 millions d'abonnés mobiles, principalement répartis entre Boost Mobile et Gen Mobile. Un éventuel rachat donnerait donc à SpaceX accès à une activité déjà implantée, plutôt que de devoir créer un opérateur entièrement nouveau.

Pourquoi les milliers de satellites Starlink ne suffisent pas

SpaceX dispose déjà d'une importante constellation de satellites capables de fournir des communications directement à certains téléphones compatibles. Mais cette technologie ne remplace pas encore les réseaux mobiles traditionnels dans toutes les situations.

Les connexions par satellite sont notamment plus difficiles à établir à l'intérieur des bâtiments ou dans les zones urbaines denses. Les antennes terrestres restent donc essentielles pour assurer une couverture continue.

C'est précisément ce que SpaceX cherche à obtenir. L'entreprise souhaite combiner les satellites Starlink avec les infrastructures mobiles au sol afin de proposer un service utilisable aussi bien dans les zones isolées que dans les villes.

Selon une enquête publiée par Bloomberg en octobre, SpaceX serait également en discussion avec des propriétaires d'infrastructures pour accéder à au moins 80 000 sites d'antennes aux États-Unis.

Un accord avec Boost Mobile pourrait accélérer cette stratégie. Au lieu d'attendre la construction d'un réseau national, SpaceX s'appuierait sur les services et les accords commerciaux d'un opérateur déjà présent sur le marché.

Le rachat de Boost Mobile pourrait encore dépendre d'AT&T et de T-Mobile

C'est là que le projet se complique. Boost Mobile ne possède pas toutes les antennes qu'il utilise pour fournir ses services. Une partie essentielle de son activité repose sur des accords d'accès aux réseaux d'AT&T et de T-Mobile.

Autrement dit, SpaceX envisage de passer par un opérateur qui dépend de deux entreprises ayant déjà refusé de lui fournir directement leurs infrastructures.

Et le rachat de Boost Mobile ne garantirait pas automatiquement le transfert de ces accords. Les contrats conclus avec les opérateurs peuvent prévoir des restrictions en cas de changement de propriétaire.

Selon les informations du Washington Post, AT&T et T-Mobile pourraient donc avoir leur mot à dire sur un éventuel accord. Sans leur consentement, SpaceX risquerait de racheter une activité sans obtenir tous les droits d'accès au réseau qu'elle recherche.

Cette difficulté explique pourquoi plusieurs scénarios resteraient sur la table, d'un rachat complet à un partenariat commercial. L'entreprise pourrait aussi poursuivre ses négociations avec les propriétaires d'antennes pour construire progressivement sa propre couverture terrestre.

Comme le précise Reuters dans sa dépêche du 2 novembre, aucun accord n'a été confirmé entre SpaceX et EchoStar. Les deux entreprises n'avaient pas répondu dans l'immédiat aux demandes de commentaires de l'agence.

Pour Elon Musk, l'enjeu dépasse donc le simple rachat d'un opérateur : il lui faut obtenir un accès durable aux réseaux terrestres. Et les deux entreprises dont Boost Mobile dépend aujourd'hui pourraient encore décider si cette voie est réellement ouverte à SpaceX.

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