La sécurité des grands patrons de la technologie est devenue une dépense colossale. Mais aucun ne rivalise avec Mark Zuckerberg, dont la sécurité personnelle absorbe à elle seule plus que les budgets combinés de ses homologues de la Silicon Valley.
La sécurité de Mark Zuckerberg coûte un pognon de dingue

Le 16 août 2025, les révélations publiées par plusieurs médias américains ont confirmé une tendance lourde : la sécurité des dirigeants de la tech explose. Avec plus de 27 millions de dollars dépensés en 2024 pour sa sécurité personnelle, Mark Zuckerberg établit un record mondial, bien au-delà des dépenses consenties par les autres pdg du secteur. La sécurité devient un marqueur du pouvoir et de la vulnérabilité des géants technologiques.
La sécurité, priorité absolue pour les pdg de la Silicon Valley
L’année 2024 a marqué un tournant. Selon Fortune et The Daily Beast, Meta a alloué plus de 27 millions de dollars pour assurer la sécurité de Mark Zuckerberg et de sa famille, contre 24 millions en 2023. De quoi dévoiler au grand jour l’importance croissante de la sécurité personnelle dans la stratégie des entreprises technologiques.
En comparaison, les autres pdg de la Silicon Valley apparaissent modestes. Le patron de Nvidia, Jensen Huang, a nécessité un budget de 3,5 millions de dollars. Sundar Pichai, à la tête d’Alphabet, a mobilisé 6,8 millions. Chez Apple, Tim Cook reste à 1,4 million, tandis qu’Amazon répartit ses dépenses entre Andy Jassy (1,1 million) et Jeff Bezos (1,6 million). Même Elon Musk, figure controversée, ne consacre que 500 000 dollars à sa sécurité.
Derrière ces chiffres se cache une réalité plus large. La sécurité n’est plus une simple protection physique. Elle combine surveillance électronique, équipes d’intervention, dispositifs de cybersécurité et protocoles de déplacement ultra-contrôlés. En dépassant à lui seul la somme cumulée des budgets de ses pairs, Mark Zuckerberg devient le symbole d’une sécurité élevée au rang de priorité stratégique dans la Silicon Valley.
Une dépense qui interroge l’équilibre entre coût et image
Le contraste est saisissant. D’après The Daily Beast, le budget global consacré à la sécurité des dix plus grands pdg du secteur technologique a dépassé 45 millions de dollars en 2024. Mais plus de la moitié de cette enveloppe provient de Meta pour son fondateur. Cette concentration questionne à la fois l’efficacité de telles dépenses et l’image qu’elles projettent.
Pour Meta, la justification est simple : Mark Zuckerberg est une cible unique. Entre controverses sur la confidentialité, critiques liées aux réseaux sociaux et exposition politique mondiale, son profil attire une attention médiatique et hostile sans équivalent. Dès lors, la sécurité devient un outil de préservation de l’entreprise elle-même. Pourtant, dans un contexte où la Silicon Valley affiche une sensibilité accrue à la transparence, un tel montant alimente aussi les débats sur l’usage des ressources et la gouvernance.
La comparaison avec Tim Cook ou Andy Jassy illustre cette tension. Apple, Amazon et Microsoft maintiennent des dispositifs robustes mais proportionnés, oscillant entre un et trois millions de dollars. Leur image publique ne se nourrit pas de la surenchère sécuritaire. À l’inverse, le choix de Meta reflète une approche maximaliste, où la sécurité prime sur tout autre paramètre budgétaire. En réalité, la sécurité est devenue une composante de la stratégie de marque. Plus la dépense est élevée, plus l’entreprise affirme implicitement la valeur de son pdg et la nécessité de le protéger comme un actif inestimable.
Quand la sécurité devient un indicateur de pouvoir dans la tech
La Silicon Valley n’échappe pas à une règle vieille comme le monde : plus un dirigeant concentre d’influence, plus sa protection coûte cher. La sécurité de Zuckerberg illustre parfaitement ce principe. Elle incarne un double mouvement : l’externalisation massive de services de sécurité privés et l’industrialisation de la protection des élites. Chaque déplacement de Zuckerberg active un protocole comparable à celui d’un chef d’État. Dans ce cadre, la sécurité personnelle dépasse la sphère privée pour devenir un instrument de gestion d’entreprise. Meta défend ainsi la continuité opérationnelle de son leadership en garantissant que son pdg reste à l’abri de toute menace.
Cependant, cette approche soulève une question de gouvernance. Quand la sécurité atteint de tels niveaux, elle devient un indicateur de pouvoir, presque une compétition implicite entre géants de la tech. Or, selon les chiffres consolidés par The Daily Beast, Zuckerberg dépasse non seulement ses pairs, mais aussi l’ensemble des standards historiques de la Silicon Valley. Ainsi, la sécurité ne se limite plus à une dépense de protection : elle devient un langage codé de la puissance économique et de la centralité d’un pdg.
