Semi-conducteurs : les États-Unis veulent entrer au capital de grandes entreprises

Depuis 2022, les États-Unis subventionnent massivement les entreprises produisant des puces et des semi-conducteurs. Sauf que désormais, la Maison-Blanche entend acquérir des participations dans les géants étrangers de ce secteur, eux aussi aidés financièrement depuis plusieurs années.

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By Cédric Bonnefoy Published on 21 août 2025 10h00
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Semi-conducteurs : les États-Unis veulent entrer au capital de grandes entreprises - © Economie Matin
30% Les États-Unis envisagent de rentrer au capital de plusieurs grandes entreprises produisant des semi-conducteurs.

Les États-Unis veulent s’immiscer dans les entreprises de semi-conducteurs

L’administration Trump change d’approche dans le domaine économique. Désormais, elle souhaite substituer les subventions du Chips and Science Act par des participations au capital des bénéficiaires. Ce choix vise à garantir que chaque dollar fédéral injecté serve à soutenir la production de semi-conducteurs tout en générant un retour fiscal concret pour les États-Unis. Ce nouvel angle de financement public redéfinit les rapports entre l’État et le secteur privé.

Depuis août 2022, le Chips and Science Act prévoit 39 milliards de dollars de subventions pour renforcer la production américaine de semi-conducteurs. Or, selon Donald Trump et son secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, l’État devrait désormais exiger des participations en échange de cet argent public. Ainsi, « nous devrions recevoir du capital en échange de notre argent », a affirmé Howard Lutnick. Par exemple, pour Intel, cette participation envisagée atteindrait 10 %, sans droit de vote ni siège au conseil d’administration. Mais ce modèle pourrait s’étendre à d’autres grands noms du secteur comme Micron, TSMC ou Samsung, tous destinataires des aides du Chips Act même s’il s’agit, pour certaines, d’entreprises étrangères.

Plusieurs objectifs pour la Maison-Blanche

Cette approche combine plusieurs objectifs : d’une part, sécuriser la chaîne d’approvisionnement nationale, en incitant les puces à être produites sur le sol américain. L’État entend ainsi réduire sa dépendance vis-à-vis des géants asiatiques, notamment TSMC. D’autre part, il souhaite assurer un retour économique concret aux contribuables, en substituant les subventions par une participation au capital. La mesure s’inscrit également dans une logique stratégique plus large. Elle rejoint d’autres initiatives déjà mises en œuvre par l’administration Trump, comme une part de 15 % du chiffre d’affaires des puces vendues en Chine par Nvidia, ou une golden share dans l’acquisition de U.S. Steel par Nippon Steel.

Sur les marchés financiers, l’annonce a eu un impact notable. L’action Intel a bondi de 7,5 % car, en parallèle, SoftBank a annoncé un investissement de 2 milliards de dollars, équivalent à une participation d’environ 2 %. Cette effervescence boursière reflète l’intérêt des investisseurs, même si certains observateurs se montrent plus prudents. Des analystes mettent en garde contre les risques potentiels de dilution des actionnaires, de pression politique ou de perturbation de la gouvernance d’entreprise. En outre, même si le titre Intel a déjà progressé de plus de 30 % ce mois-ci, ces gains sont jugés par certains comme surévalués et peu durables.

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Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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