Changer une serrure dans un logement loué peut vite provoquer un désaccord entre locataire et propriétaire. Entre entretien courant, usure normale ou perte de clés, la responsabilité financière varie selon la situation. Or, la loi encadre précisément le rôle de chacun lorsqu’un changement de serrure devient nécessaire sur la porte d’entrée d’un logement.
Changement de serrure : qui du locataire ou du propriétaire doit payer

Serrure et location : ce que dit la loi sur l’entretien et les réparations
Dans une location, la question de la serrure dépend d’abord de la distinction entre entretien courant et réparation importante. En effet, la réglementation française prévoit que certaines interventions restent à la charge du locataire tandis que d’autres incombent au propriétaire. Ainsi, selon le site officiel de l’administration française, « les réparations locatives correspondent à l'entretien courant et des petites réparations qui sont à la charge du locataire pendant toute la durée du bail », indique la Direction de l’information légale et administrative sur Service-Public.fr.
Concrètement, l’entretien d’une serrure fait partie de ces réparations locatives. Autrement dit, le locataire doit veiller au bon fonctionnement de la serrure de la porte et effectuer les opérations simples nécessaires. La loi du 6 juillet 1989 impose en effet au locataire de maintenir le logement en bon état et d’assurer les réparations locatives prévues par le décret du 26 août 1987. Selon le site spécialisé SeLoger, « la loi du 6 juillet 1989 (…) stipule que le locataire doit maintenir le logement en bon état (…) et assumer les réparations locatives ».
Dans la pratique, cela signifie que les petites interventions sur une serrure — comme le graissage du mécanisme ou le remplacement de certaines pièces mineures — relèvent de la responsabilité du locataire. De plus, cette logique repose sur un principe simple : celui qui utilise quotidiennement le logement doit en assurer l’entretien courant. Ainsi, la serrure de la porte d’entrée est considérée comme un équipement du logement dont l’usage régulier implique un minimum de maintenance.
Toutefois, cette responsabilité n’est pas absolue. En effet, lorsque la serrure cesse de fonctionner pour des raisons liées à la vétusté ou à un défaut du logement, la règle change. Dans ce cas, la réparation ou le remplacement peut être imputé au propriétaire. D’ailleurs, le site Service-Public.fr précise également que le propriétaire doit prendre en charge les travaux qui ne sont pas des réparations locatives, notamment lorsqu’ils sont liés à l’usure normale ou à un problème structurel du logement.
Quand le changement de serrure doit être payé par le locataire
Dans plusieurs situations courantes, la facture du serrurier revient directement au locataire. Cela se produit généralement lorsque le problème est lié à l’usage du logement ou à un incident impliquant le locataire lui-même.
Par exemple, la perte ou le vol des clés constitue un cas typique. Dans cette configuration, le locataire doit assumer les frais nécessaires pour rétablir l’accès au logement, ce qui peut inclure l’ouverture de la porte et parfois le remplacement complet de la serrure. Le Crédit Agricole explique ainsi que les frais peuvent être imputés au locataire lorsque la panne provient d’un usage ou d’une négligence. Selon cet établissement, « les frais de réparation ou de remplacement sont à la charge du locataire : perte ou vol des clés, clé cassée dans la serrure, serrure bloquée en raison d’un défaut d’entretien ».
Par ailleurs, la loi autorise le locataire à changer lui-même la serrure de la porte d’entrée s’il le souhaite. Cette possibilité existe notamment pour renforcer la sécurité du logement. Toutefois, dans ce cas précis, les frais restent à sa charge. De plus, il doit veiller à remettre la porte dans son état initial lorsqu’il quitte le logement. Sur ce point, l’administration française est explicite : « Rien n'interdit au locataire de changer la serrure ou le barillet de la porte pendant toute la période du bail, à la condition de remettre la porte à son état initial lorsqu'il quitte définitivement le logement ».
Ainsi, lorsqu’un locataire décide volontairement de modifier la serrure pour des raisons personnelles, il ne peut généralement pas demander un remboursement au propriétaire. Cette règle vise à éviter que les travaux décidés unilatéralement par le locataire ne soient reportés sur le bailleur.
Quand le propriétaire doit payer le changement de serrure
Dans une location, le bailleur a l’obligation de fournir un logement en bon état et de garantir son maintien dans le temps. Cela inclut les équipements essentiels à la sécurité, comme la serrure de la porte d’entrée. Lorsque celle-ci est défectueuse en raison de la vétusté, la réparation ou le remplacement relève alors du propriétaire. Plusieurs sources spécialisées rappellent que la vétusté correspond à l’usure normale liée au temps et à l’utilisation du logement.
En d’autres termes, si la serrure devient inutilisable parce qu’elle est trop ancienne ou mal installée, le locataire peut demander l’intervention du propriétaire. Celui-ci devra alors financer les travaux nécessaires pour remettre la porte en état. Cette règle s’inscrit dans un principe général du droit locatif : le bailleur doit assumer les réparations importantes du logement pendant toute la durée du bail.
De plus, certaines situations particulières peuvent également engager la responsabilité du propriétaire. C’est notamment le cas lorsque la serrure est défectueuse dès l’entrée dans les lieux ou lorsqu’un problème structurel du bâtiment empêche la porte de fonctionner correctement. Dans ces cas-là, la défaillance ne relève pas de l’usage du locataire mais d’un défaut du logement.
Enfin, la responsabilité peut aussi être partagée selon le contexte. Par exemple, si la serrure est endommagée lors d’un cambriolage ou d’une effraction, les assurances habitation peuvent intervenir. Toutefois, cela dépend des garanties prévues dans le contrat d’assurance. Certaines polices incluent la prise en charge des frais de serrurerie, tandis que d’autres ne couvrent que certains sinistres.