Sora, la plateforme vidéo d’OpenAI, devait redéfinir les alliances entre Hollywood et l’intelligence artificielle. Pourtant, en quelques heures, tout a basculé. Le projet, porté par un investissement massif de Disney, s’est effondré brutalement, révélant les fragilités économiques et stratégiques d’un secteur en pleine mutation.
Sora : OpenAI fait capoter un deal à 1 milliard avec Disney

OpenAI a annoncé, le 24 mars 2026, la fermeture de Sora, son outil de génération vidéo par intelligence artificielle. Dès lors, ce revirement stratégique met fin à un partenariat inédit avec Disney, centré sur un investissement d’un milliard de dollars.
Sora : un partenariat Disney–OpenAI construit puis anéanti
D’abord, Sora incarnait une ambition industrielle sans précédent. En décembre 2025, Disney et OpenAI officialisent un accord de trois ans visant à intégrer plus de 200 personnages iconiques dans Sora. « Disney avait prévu d'investir un milliard de dollars dans OpenAI pour intégrer ses personnages iconiques à la plateforme », peut-on lire dans Sciences et Vie. Cette initiative, par conséquent, devait transformer la création audiovisuelle en permettant aux utilisateurs de générer des vidéos avec Mickey, Yoda ou Iron Man.
Sora s’inscrivait dans une logique de convergence entre contenu et intelligence artificielle. Toutefois, ce projet reposait sur des bases encore fragiles. Les données montrent que Sora a atteint 11,7 millions de téléchargements, mais n’a généré que 2,14 millions de dollars de revenus. Ainsi, malgré une adoption rapide, la rentabilité restait marginale, fragilisant la viabilité économique du partenariat Disney–OpenAI.
Une fermeture brutale qui surprend Disney
Cependant, la disparition de Sora ne résulte pas d’un retrait progressif. Au contraire, elle intervient de manière soudaine. D’après Science & Vie, « Trente minutes après sa fin, Disney apprenait qu'OpenAI fermait l'application ». Plusieurs éléments expliquent la fin de Sora. Les coûts de calcul élevés et les performances décevantes apparaissent comme des facteurs clés.
Selon The Verge, la plateforme faisait face à des coûts de calculs élevés et à une baisse rapide des téléchargements, passés de 6,1 millions en novembre à 1,1 million en mars. De plus, les enjeux juridiques liés aux droits d’auteur ont accentué les tensions. En effet, l’utilisation de personnages protégés dans Sora soulevait des risques importants pour Disney, particulièrement attaché à la protection de sa propriété intellectuelle.
Un échec révélateur des limites économiques de l’IA
Dès lors, l’effondrement de Sora dépasse le simple cas d’un produit abandonné. Il souligne les contraintes structurelles de l’intelligence artificielle générative. OpenAI a décidé de réorienter ses priorités vers des domaines plus rentables, notamment les agents IA et la robotique. Cette décision s’inscrit dans une volonté de réduire les coûts et de préparer une introduction en Bourse. En parallèle, Sora révèle une tension entre innovation et modèle économique. Malgré une technologie avancée, la plateforme n’a pas réussi à équilibrer ses dépenses et ses revenus.
Ainsi, les 1 milliard de dollars envisagés par Disney n’ont jamais été investis, le contrat n’ayant pas été finalisé, selon Science & Vie. La valorisation des contenus générés par IA reste incertaine. L’abandon de Sora redessine les rapports entre Hollywood et la Silicon Valley. Disney, bien que surpris, affirme vouloir poursuivre ses explorations dans l’IA, mais avec davantage de prudence. Selon GamesRadar, l’entreprise souhaite « continuer à s'engager avec les plateformes d'IA » tout en protégeant ses actifs créatifs. Cette stratégie traduit une prise de conscience : l’IA, bien qu’innovante, ne peut s’imposer sans cadre économique et juridique solide.
