La lettre de Matignon adressée aux partenaires sociaux fixe les contours d’une suppression inédite de jours fériés. Une mesure budgétaire et sociale à marche forcée
Suppression des jours fériés : la réforme Bayrou se précise

Le 10 août 2025, François Bayrou a transmis aux syndicats et au patronat un document d’orientation détaillant son projet de suppression de deux jours fériés, lettre que s’est procurée le journal Les Echos. Annoncée le 15 juillet lors de la présentation de son plan pour « produire plus », la réforme qui supprime deux jours fériés aux salariés français s’inscrit dans une stratégie de redressement budgétaire visant quatre milliards deux cents millions d’euros d’économies dès 2026.
Quels jours fériés sont concernés et pourquoi ?
Dans son courrier, le Premier ministre propose de retirer leur caractère férié au lundi de Pâques et au 8 mai, deux dates situées dans une « période de l’année comportant de nombreux jours fériés ». Il assure toutefois qu’« on peut toujours discuter du choix des jours si le rendement est identique », explique-t-il dans la lettre obtenue par les Echos. L’argument central tient en une formule : « Produire plus c’est avant tout travailler plus. »
Selon lui, les actifs français travaillent moins que leurs homologues étrangers : 1 673 heures par an pour un salarié à temps complet en France, contre 1 790 heures en Allemagne.
Ce qui va changer pour les salariés et les entreprises
La mesure supprimerait toute majoration de salaire liée à ces deux journées. Le texte précise : « Les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail »
En contrepartie, « les employeurs du secteur privé s’acquitteront d’une contribution qui sera affectée au budget de l’État », sur le modèle de la journée de solidarité. Le document prévoit de « petites marges de manœuvre » pour les entreprises déjà actives ces jours-là, mais fixe des limites strictes : « Sans pour autant laisser place à des organisations trop souples favorisant les contournements : il faut bien que ce travail supplémentaire soit réalisé », explique le Premier ministre.
Des exceptions pourraient être aménagées pour l’Alsace-Moselle et Saint-Pierre-et-Miquelon, où la loi locale confère des jours fériés spécifiques.
Quatre milliards d’euros d’économies budgétaires
Matignon insiste sur la cible : quatre milliards deux cents millions d’euros de rendement pour le seul secteur privé dès 2026. Cette exigence conditionne même le choix définitif des dates : si les partenaires sociaux souhaitent remplacer le lundi de Pâques ou le 8 mai par d’autres jours, ils devront garantir un rendement équivalent.
François Bayrou demande aux organisations patronales et syndicales de dire, avant le 1er septembre 2025, si elles souhaitent ouvrir une négociation. Celle-ci devra s’achever « au plus tard le 30 septembre ».
