« Les salariés français ont adopté le titre-restaurant comme un outil de budget alimentaire au sens large »

Les titres-restaurant n’ont jamais été autant utilisés… ni autant débattus. Une étude récente révèle des usages profondément transformés, entre consommation en supermarché et attachement persistant au restaurant. Derrière ces évolutions, une question s’impose : faut-il revenir à un titre-restaurant réservé uniquement aux restaurateurs ?

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 27 mars 2026 10h10
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titres-restaurant-usage-courses-consommation - © Economie Matin
23%23 % des salariés se disent favorables à un titre-restaurant uniquement utilisable au restaurant

Depuis la crise sanitaire de la Covid-19, les titres-restaurant ont progressivement changé de nature. Initialement conçus pour financer les repas pris au restaurant, ils sont aujourd’hui largement utilisés pour les courses du quotidien.

Les titres-restaurant sont devenus un outil de consommation alimentaire du quotidien

Le baromètre 2026 d’Openeat, réalisé par Selvitys en février 2026 auprès de 2 000 salariés français, confirme cette transformation. Désormais, 44 % de l’usage des titres-restaurant se fait en supermarché, contre seulement 31 % en restaurant et 25 % dans les commerces alimentaires spécialisés. Une évolution marquante, qui illustre un basculement des habitudes de consommation. La moitié des bénéficiaires utilisent leurs titres pour acheter des produits non directement consommables comme des pâtes, du riz ou de la viande. Le titre-restaurant est ainsi devenu, pour une large part des salariés, un véritable complément de budget alimentaire.

Cette mutation s’explique aussi par le contexte économique. Face à la hausse des prix, les salariés adaptent leurs pratiques : 57 % déclarent avoir réduit leurs repas au restaurant ou en livraison pour respecter leur budget, selon le baromètre Openeat 2026. Par conséquent, les titres-restaurant s’inscrivent désormais dans une logique de gestion budgétaire plus globale.

Titres-restaurant : un levier clé pour le pouvoir d’achat des salariés

Malgré ces changements d’usage, les titres-restaurant restent un avantage social majeur. Selon l’étude, 86 % des salariés les considèrent comme un avantage important et 87 % estiment qu’ils améliorent leur pouvoir d’achat. De plus, 78 % des répondants affirment que ces titres leur permettent de mieux faire leurs courses alimentaires. L’outil dépasse donc largement sa fonction initiale. Autre signe de son importance : 74 % des salariés jugent les titres-restaurant utiles et 92 % les considèrent comme indispensables.

Si le supermarché domine aujourd’hui, le restaurant n’a pas disparu des pratiques. Au contraire, il reste un lieu important d’utilisation, avec 31 % des dépenses effectuées dans ce cadre. Dans les faits, l’utilisation est désormais équilibrée. L’étude montre que 50 % des salariés utilisent leurs titres pour des produits prêts à consommer et 50 % pour des produits bruts.

Cette diversité d’usages s’explique aussi par les contraintes pratiques. Une partie des salariés déclare utiliser peu leurs titres faute de commerçants acceptant ce mode de paiement ou par manque de temps pour déjeuner à l’extérieur, selon le baromètre Openeat. Ainsi, les titres-restaurant se sont imposés comme un outil polyvalent, utilisé « dès que l’occasion se présente » pour 62 % des bénéficiaires.

Titres-restaurant : le débat sur un retour au restaurant divise les salariés

Face à ces évolutions, la question d’un retour à un titre-restaurant exclusivement dédié aux restaurants refait surface. Pourtant, la majorité des salariés y est opposée. En effet, 77 % des répondants refusent un retour à un usage limité aux restaurants. Un rejet clair, qui confirme l’attachement à la flexibilité acquise ces dernières années.

Cependant, une minorité significative exprime un avis différent. 23 % des salariés se disent favorables à un titre-restaurant uniquement utilisable au restaurant, selon le baromètre Openeat de mars 2026. Plus encore, lorsqu’on leur propose de choisir entre deux modèles, 40 % des salariés optent pour un titre exclusivement restaurant, contre 60 % pour un titre alimentaire. Ils n’étaient que 30 % en 2025 et 23 % en 2024.

Les motivations sont variées. Pour certains, il s’agit de retrouver le plaisir du repas à l’extérieur ou de marquer une pause dans la journée de travail. D’autres évoquent la qualité nutritionnelle ou encore le soutien aux restaurateurs. Sur ce point, l’étude souligne que parmi les partisans du titre 100 % restaurant, un quart souhaite avant tout soutenir les restaurateurs de quartier. « Cette édition 2026 de notre Baromètre est sans ambiguïté : les salariés français ont adopté le titre-restaurant comme un outil de budget alimentaire au sens large », résume Catherine Coupet, dirigeante d’Openeat. « 77 % refusent un retour en arrière, 44 % de leurs usages se font en supermarché, et 93 % veulent pouvoir utiliser leurs titres le dimanche. »

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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