Le 1er janvier 2026, le calcul du DPE change en profondeur : l’électricité, longtemps défavorisée, sera désormais mieux valorisée. Résultat : près de 850 000 logements F ou G pourront sortir du statut de passoires énergétiques, sans le moindre travaux.
Immobilier : le DPE 2026 avantage le chauffage électrique

La réforme du DPE, confirmée par le gouvernement le 26 août 2025 et la publication du décret, entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Au cœur de ce changement, l’abaissement du coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9.
DPE : un nouveau calcul favorable au chauffage électrique
Jusqu’à présent, le calcul du DPE appliquait un coefficient de 2,3 à chaque kilowattheure électrique consommé, contre seulement 1 pour le gaz ou le fioul. Ce choix pénalisait mécaniquement les logements chauffés à l’électricité, souvent relégués en classe F ou G, alors même que le mix français repose largement sur une production décarbonée et notamment sur le nucléaire qui représente à lui seul plus de 80% de la production électrique d’EDF. Avec le passage à 1,9, le gouvernement s’aligne sur la directive européenne révisée en 2023, qui reconnaît le rôle de l’électrification dans la transition énergétique, selon le ministère de l’Écologie. Le décret étant paru, la réforme est entérinée.
Ce rééquilibrage change radicalement la donne : pour un logement consommant 10 000 kWh d’électricité finale, la conversion passera de 23 000 kWhEP à 19 000 kWhEP, soit une baisse de 17 % en énergie primaire, selon la Gazette du Midi. Cet ajustement permettra à certains biens de gagner jusqu’à deux classes sans en pénaliser d’autres.
Un effet massif sur les passoires énergétiques et le parc existant
Les impacts chiffrés sont considérables. D’après le ministère de l’Écologie, environ 850 000 logements F ou G, majoritairement chauffés à l’électricité, sortiront du statut de passoire énergétique dès l’entrée en vigueur du nouveau calcul. L’étude menée par Casam et relayée par Journal de l’Agence va plus loin : 7 millions de résidences principales, soit 23 % du parc, verront leur classement s’améliorer d’au moins une classe, dont 91 % concernent des biens électriques.
Cet effet correctif est particulièrement visible pour les petites surfaces, souvent concentrées dans les grandes villes. Déjà bénéficiaires d’un ajustement depuis le 1er juillet 2024, les logements de moins de 40 m² gagneront encore davantage à partir de 2026. Pour les bailleurs, la perspective est majeure : des biens jusque-là interdits à la location en raison de leur classement F ou G retrouveront une valeur locative. Le ministre Marc Ferracci a insisté sur ce point : « Les pompes à chaleur sont une solution très efficace pour améliorer le confort et réduire la facture des ménages ».
Une réforme sans frais et tournée vers la transition énergétique
Le gouvernement a prévu un mécanisme de mise à jour simple et gratuit. Tous les DPE ou audits réalisés avant janvier 2026 resteront valables et pourront être actualisés automatiquement via le site de l’Ademe, sans intervention d’un diagnostiqueur, précise le ministère. Cette mesure garantit que la réforme bénéficiera rapidement à l’ensemble du parc sans coûts additionnels pour les propriétaires.
Au-delà du seul calcul, l’objectif politique est clair : accélérer la transition énergétique de l’immobilier, secteur responsable d’une large part de la consommation d’énergie en France. En corrigeant un biais défavorable à l’électricité, le gouvernement envoie un signal fort pour l’immobilier résidentiel et la rénovation énergétique.
