Uber sacrifie 10% de ses effectifs pour investir dans l’autonomie

Uber supprime 3300 emplois, soit 10% de ses effectifs, malgré un chiffre d’affaires de 52 milliards de dollars en 2025. Les postes de managers sont réduits de 20%, tandis que les équipes se concentrent à New York et San Francisco.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 3 septembre 2026 5h27

Malgré un chiffre d'affaires prévisionnel de 52 milliards de dollars pour 2025, Uber, sous la direction de Dara Khosrowshahi, a annoncé la suppression de 3300 emplois. Objectif : libérer des fonds pour investir 10 milliards de dollars dans les robotaxis, renforçant ainsi la position d'Uber face à Waymo et Tesla.

Un chiffre d'affaires en hausse malgré les licenciements

Le 2 septembre 2026, Uber a confirmé la suppression de 3300 postes, soit 10% de son personnel, revenant à l'effectif de 2021 avec environ 30000 employés. Cette annonce, faite après un deuxième trimestre 2026 avec des revenus de 14,2 milliards de dollars, a été bien accueillie par les marchés, l'action ayant augmenté de 1,6%.

Les postes de managers ont été particulièrement touchés, avec une réduction de 20% des rôles managériaux, les micro-équipes étant réduites de près de 50%. Dara Khosrowshahi a expliqué que cette simplification hiérarchique vise à améliorer l'efficacité, en permettant une plus grande clarté des responsabilités et des décisions plus rapides.

Investissement massif dans les robotaxis

Ces licenciements s'inscrivent dans une stratégie plus large : investir 10 milliards de dollars dans des véhicules autonomes et acquérir jusqu'à 50000 robotaxis. Avec Waymo opérant déjà des véhicules sans conducteur et Tesla se préparant à entrer sur ce marché, Uber cherche à se positionner en leader technologique.

Les économies annuelles générées par la restructuration, estimées à plusieurs centaines de millions de dollars, seront réinvesties dans cette technologie. Khosrowshahi a souligné que la croissance d'Uber avait entraîné une complexité accrue, nécessitant cette réorganisation pour mieux se concentrer sur l'innovation.

Concentration des ressources et centralisation

Uber investit également 10 milliards de dollars dans cette transition, bien plus que les économies immédiates des licenciements. L'objectif est de remplacer progressivement les chauffeurs par des flottes autonomes, réduisant ainsi les coûts. Cette tendance s'inscrit dans un mouvement plus large du secteur technologique, où plus de 123000 emplois ont été supprimés dans 290 entreprises en 2026.

La restructuration géographique est également majeure : les équipes mondiales seront concentrées à New York et San Francisco, seul 1% des salariés pouvant travailler à distance. Cette centralisation vise à améliorer la cohésion et à accélérer la prise de décision, mais reste à savoir combien accepteront cette relocalisation.

Impact potentiel sur la profitabilité à long terme

Si la restructuration pourrait améliorer les marges à court terme, sa réussite dépendra de l'adoption des robotaxis. Les véhicules autonomes remplaceront progressivement le modèle traditionnel, mais cette transition sera longue. D'ici là, Uber doit continuer à s'appuyer sur ses chauffeurs tout en investissant dans une technologie en développement.

Le pari est risqué, car ces licenciements peuvent affaiblir des équipes et freiner l'innovation. La concentration géographique pourrait exclure certains talents. Pourtant, Khosrowshahi doit agir pour maintenir la compétitivité face à Waymo et Tesla. La question est de savoir si ces sacrifices suffiront pour dominer le marché des robotaxis.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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