Les dépenses des ménages en habillement et textile ont chuté de 5,8 % en septembre 2026, selon l’Insee. La chaleur exceptionnelle a freiné les achats de rentrée, tandis que la consommation totale de biens recule pour le deuxième mois consécutif.
Vêtements : les achats plongent de 5,8 % en septembre

Les achats de vêtements ont nettement reculé à la rentrée. En septembre 2026, les dépenses des ménages en habillement et textile ont diminué de 5,8 % en volume par rapport à août, selon les chiffres publiés vendredi 30 octobre par l’Insee. L’institut relie principalement cette baisse à la chaleur inhabituelle de septembre, qui a freiné les achats d’habillement.
Le repli dépasse largement celui de la consommation totale de biens, en baisse de 0,5 % pour le deuxième mois consécutif. Il met en lumière une rentrée commerciale contrastée : les dépenses de vêtements décrochent, alors que les achats de véhicules neufs continuent de progresser légèrement.
La chaleur de septembre a pesé sur les achats de vêtements
Après une quasi-stabilité en août (+0,1 %), les dépenses en habillement-textile ont chuté de 5,8 % en septembre. L’Insee souligne que ce mois a été le deuxième mois de septembre le plus chaud en France depuis 1900. Ces températures ont défavorisé les achats de vêtements, habituellement associés au renouvellement des garde-robes de rentrée.
La baisse atteint 6,6 % par rapport à septembre 2025, d’après le tableau détaillé de l’institut. Sur l’ensemble du troisième trimestre, les dépenses en habillement-textile diminuent de 2,3 % par rapport au trimestre précédent. Les données portent sur les volumes consommés, corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables : elles mesurent l’évolution des achats en termes réels, et non le seul chiffre d’affaires des commerçants.
Cette distinction compte dans une période de remontée des prix. L’estimation provisoire de l’inflation d’octobre, également publiée le 30 octobre, fait état d’une hausse de 3,4 % des prix à la consommation sur un an, principalement alimentée par l’énergie. Elle décrit l’évolution générale des prix ; le recul des achats de vêtements en septembre est, lui, mesuré indépendamment de cet effet.
Deux mois de recul pour la consommation de biens
La consommation des ménages en biens a baissé de 0,5 % en septembre, après un recul de même ampleur en août. Les dépenses en biens fabriqués se contractent de 1,1 %, après une hausse de 0,8 % le mois précédent. L’habillement constitue l’un des postes les plus touchés.
Le mouvement est moins marqué pour les biens durables, dont les achats reculent de 0,2 %. Les dépenses d’équipement du logement, notamment en appareils ménagers, diminuent de 1,1 %. À l’inverse, les achats de matériels de transport progressent de 0,2 %, en particulier grâce aux véhicules neufs.
L’alimentation affiche également une deuxième baisse mensuelle, de 0,2 % après 1,1 % en août. Les dépenses en produits laitiers, boissons et tabac contribuent à ce recul. L’énergie évolue dans l’autre sens : sa consommation remonte légèrement de 0,2 %, le rebond des achats de carburants compensant le recul des dépenses en électricité.
Un trimestre encore positif malgré la faiblesse de la rentrée
Les chiffres mensuels ne racontent pas toute l’évolution de la consommation. Sur l’ensemble de juillet à septembre, les dépenses des ménages en biens augmentent de 0,4 % par rapport au deuxième trimestre, après une hausse de 0,2 % au printemps. Cette progression tient notamment au rebond de l’énergie (+1,2 %), tandis que les biens fabriqués ralentissent à +0,3 % et que l’alimentation reste stable.
La faiblesse des achats de rentrée intervient toutefois dans une conjoncture moins favorable. Selon l’Insee, la confiance des ménages est tombée à 80 points en octobre, en recul de cinq points en un mois. Cet indicateur d’opinion et les données de consommation décrivent deux aspects différents de la situation : les intentions et perceptions des ménages d’un côté, leurs dépenses effectivement mesurées de l’autre.
Pour le commerce de l’habillement, la question des prochaines semaines sera celle du calendrier des achats : le décrochage de septembre, lié notamment aux températures, sera-t-il suivi d’un rattrapage à l’automne ? Les statistiques disponibles décrivent une forte baisse à la rentrée, mais ne permettent pas encore de mesurer l’évolution des ventes des mois suivants.