En 2027, Xiaomi veut franchir une nouvelle étape : exporter sa voiture électrique vers l’Europe. Derrière cette annonce, confirmée au Mobile World Congress de Barcelone, se cache une stratégie industrielle pensée pour transformer la réussite chinoise en levier de croissance internationale.
En 2027, la voiture électrique de Xiaomi débarquera en Europe

Le 19 août 2025, le constructeur chinois Xiaomi a officialisé son intention d’introduire sa première voiture électrique sur le marché européen à partir de 2027. Alors que l’automobile vit une révolution énergétique, cette décision illustre l’ambition d’un acteur venu de la technologie grand public de se mesurer à la concurrence établie en Europe, sur fond de forte progression de ses ventes en Chine.
Xiaomi et la voiture électrique : un projet calibré pour l’Europe en 2027
L’Europe sera le premier marché international ciblé par Xiaomi dans la voiture électrique. « L’Europe est le marché le plus difficile hors de Chine », a reconnu Lu Weibing, président du groupe, en justifiant le choix de 2027 pour un lancement progressif.
Le calendrier reflète un double impératif : profiter d’une dynamique commerciale exceptionnelle en Chine tout en laissant le temps d’adapter produits et services aux normes européennes. Selon Cinco Días, le constructeur a livré 81 302 véhicules au deuxième trimestre 2025, soit une croissance de près de 198 % en un an. Les revenus automobiles ont atteint 20,6 milliards de yuans, tandis que le bénéfice net du groupe bondissait de 133 % à 11,9 milliards de yuans.
Cette croissance offre une assise financière solide pour préparer la distribution européenne. Reuters a rappelé que Xiaomi s’était fixé pour 2025 un objectif de 350 000 livraisons de voitures électriques, avec les premières expéditions internationales programmées pour 2027. L’entrée en Europe apparaît donc comme l’aboutissement d’une montée en puissance industrielle déjà bien entamée en Chine.
Les modèles SU7 et YU7, vitrines technologiques du constructeur chinois
Pour l’Europe, Xiaomi mise sur deux modèles : la berline SU7 et le SUV YU7. En Chine, la première est proposée à partir de 28 000 euros, la seconde autour de 35 000 euros, d'après Quattroruote. Ces prix compétitifs contrastent avec ceux pratiqués par plusieurs concurrents européens et devraient alimenter la concurrence sur le marché de la voiture électrique.
La SU7 repose sur une architecture 800 volts et des batteries pouvant atteindre 101 kWh pour une autonomie de 800 km en cycle chinois. Une version Ultra pousse la puissance à 1 548 chevaux. Le YU7, présenté comme rival du Tesla Model Y, affiche jusqu’à 770 km d’autonomie et a enregistré 289 000 précommandes en une heure lors de son lancement, souligne Wired.
Ces données chiffrées traduisent l’appétit du marché intérieur pour les véhicules Xiaomi et renforcent la légitimité d’un lancement européen. Pour assurer sa crédibilité, l’entreprise a déjà recruté en Europe plusieurs ingénieurs issus de BMW afin de créer un centre de recherche et développement dédié aux véhicules électriques. Une démarche qui vise à aligner les futurs modèles sur les standards techniques et réglementaires de l’industrie européenne.
Un défi concurrentiel pour l’industrie automobile européenne
Le lancement européen d’une voiture électrique Xiaomi intervient dans un marché en tension, marqué par la baisse des prix de certains acteurs et la hausse des investissements dans l’énergie et l’industrie. Toutefois, Lu Weibing a souligné que « la tâche prioritaire est de livrer le plus vite possible », écartant l’idée d’une guerre tarifaire frontale. Cette stratégie repose sur un avantage technologique et une maîtrise des coûts industriels grâce à l’écosystème intégré du groupe, allant du smartphone aux objets connectés. Pour l’Europe, cela signifie une concurrence accrue, où Xiaomi pourrait exploiter sa double expertise dans le matériel et le logiciel pour se différencier.
Les analystes financiers cités par Bloomberg Intelligence estiment que la marge brute de la division « EV et nouvelles activités » a atteint 26,4 % au deuxième trimestre 2025, grâce aux économies d’échelle et à un meilleur mix-produit. Le constructeur dispose donc de marges de manœuvre pour absorber les coûts liés à l’homologation européenne et à la mise en place d’un réseau de distribution local.
