Les constructeurs chinois ne se contentent plus de conquérir le marché français des voitures neuves. Leurs modèles électriques et hybrides gagnent aussi du terrain dans l’occasion. Selon AutoScout24, les immatriculations de marques chinoises ont bondi de 69 % en septembre 2026, avec MG et BYD en tête.
Voitures chinoises : leurs ventes d’occasion explosent de 69 % en France

Les chiffres commencent à peser dans le paysage automobile français. D'après une étude publiée le 29 octobre 2026 par AutoScout24, les immatriculations de voitures chinoises d'occasion ont progressé de 69 % en un an au mois de septembre. Une hausse spectaculaire pour des marques qui étaient encore presque absentes du marché de la seconde main il y a quelques années.
Cette accélération accompagne l'essor des voitures électriques chinoises, même si les statistiques d'AutoScout24 englobent également les modèles hybrides et hybrides rechargeables. Les constructeurs venus de Chine commencent ainsi à prendre pied sur un marché longtemps dominé par les marques françaises et européennes.
MG et BYD enregistrent des hausses impressionnantes
MG conserve une avance considérable. En septembre 2026, le constructeur a enregistré 2 389 immatriculations de véhicules d'occasion, soit une augmentation de 72 % sur un an. La marque représente à elle seule près des trois quarts des immatriculations des constructeurs chinois recensés par AutoScout24.
Derrière MG, BYD accélère. Le constructeur chinois, connu notamment pour ses voitures électriques, a enregistré 644 immatriculations d'occasion en septembre, en hausse de 66,4 %.
Sur les neuf premiers mois de l'année, l'écart reste important, mais la progression de BYD impressionne davantage. MG totalise 18 632 immatriculations, soit 77,1 % de plus qu'un an auparavant. BYD atteint 5 954 unités, avec une croissance proche de 150 %.
Cette progression n'est toutefois pas générale. Lynk & Co reste quasiment stable, avec 804 immatriculations sur neuf mois, contre 813 un an auparavant.
Les Français recherchent de plus en plus les voitures chinoises
Le phénomène ne se limite pas aux immatriculations. Sur AutoScout24, les recherches de marques et de modèles chinois ont augmenté de 70 % entre les premiers semestres 2025 et 2026.
L'offre suit le mouvement. Le nombre moyen d'annonces de voitures chinoises d'occasion est passé de 282 à 553 en un an, soit une augmentation de 96 %.
Les marques chinoises deviennent donc plus visibles auprès des automobilistes. MG reste majoritaire, mais BYD, Leapmotor et Xpeng élargissent progressivement le choix disponible.
Cette évolution intervient alors que le marché français de l'occasion traverse une période difficile. Selon les dernières données d'AAA Data, l'ensemble des transactions a reculé de 7,2 % en octobre 2026. À l'inverse, les immatriculations de voitures 100 % électriques d'occasion ont progressé de 42,8 %.
Ces chiffres portent sur des périodes et des catégories différentes, mais ils illustrent deux tendances simultanées : l'essor de l'électrique et l'implantation croissante des constructeurs chinois.
Une menace grandissante pour les marques européennes ?
La progression des constructeurs chinois ne s'arrête pas à l'occasion. En juillet 2026, ils représentaient déjà 8 % des immatriculations de voitures neuves en France, selon AAA Data, avec 9 935 véhicules enregistrés sur le mois.
La concurrence porte notamment sur les prix et les équipements. Les constructeurs européens doivent désormais faire face à des marques capables de proposer des véhicules récents, électriques ou hybrides, à des tarifs compétitifs.
L'occasion pourrait renforcer cette pression. Une voiture chinoise achetée neuve se retrouve progressivement sur le marché de la revente, permettant à un deuxième automobiliste de découvrir la marque à un prix inférieur.
Pour Vincent Hancart, directeur général d'AutoScout24 France, ce marché devient un nouveau terrain de conquête des constructeurs chinois. Les volumes restent modestes, mais leur progression montre que la concurrence se joue désormais aussi sur les voitures de seconde main.