Juppé le meilleur ? Pas pour la santé !

10 %
En 2007, la France comptait 208 000 médecins actifs. Selon la DREES,
ils seront 10 % de moins en 2017.

Depuis maintenant presque un an, le corps médical dans son ensemble est vent debout contre la réforme voulue par les socialistes. Cette réforme, les médecins sont en première ligne pour la refuser avec des arguments qui commence à faire leur chemin chez les patients. Perte du choix des médecins, administration de la santé par l’état, santé aux ordres des ARS et des assurances et bien d’autres tracas à venir.

 

La santé et sa gestion par l’assurance maladie est aux abois, des déficits abyssaux depuis des années, impossible a corriger non pas parce que la santé est trop chère (ce que veulent nous faire croire les politiques) mais parce que le système est mort depuis longtemps. La gestion comptable de la santé avec ses cohortes de contraintes laissant croire que l’on peur économiser n’est pas d’aujourd’hui. Ce ne sont pas les socialistes qui ont mis les premiers les doigts dans la porte mais bien Alain Juppé.

 

C’est en 1995 que notre « futur candidat » à inventé des pseudos solutions guidées par sa pensée d’énarque. Première solution mettre la santé sous contrôle comptable, à savoir un patient coute cher, les économies sont possibles sur sa santé. De là a bloquer les honoraires des médecins (solution de facilité) il n’y avait qu’un pas, il a été franchit allègrement sans que les médecins  s’en défendent d’ailleurs. On a bien entendu des cris mais les syndicats de médecins, souvent plus proches du pouvoir que de leurs confrères ont toujours signé des deux mains les conventions.

 

Mais « le meilleur d’entre nous » ne s’est pas arrêté là

 

Dans sa logique de contrôleur des finances il a décrété qu’il y avait trop de médecins. Effectivement vu de la fenêtre d’un énarque quand la température monte il suffit de casser le thermomètre. Ce fut donc fait le numérus clausus d’accès aux études médicales a été diminué drastiquement, les effets se sont fait sentir dès 2005, il faut environ dix ans pour former des médecins. Et si cela ne suffisait pas notre Alain Juppé national, premier ministre de l’époque, a inventé la machine infernale. Il a proposé aux médecins en place (pour disait il en diminuer le nombre et faire des économies) de prendre une retraite anticipée avec l’aide de l’état qui « donnerait une bonne prime »

 

Dès que cette mesure est entrée en vigueur, nombre de médecins approchant de 60 ans et même 55 pour certains ont profité de l’aubaine. Ces mêmes médecins qui en avaient assez de voir leurs honoraires bloqués, de voir leurs charges augmenter et qui ne croyaient plus au système machiavélique Français ont quitté leurs cabinets. On peut dire que l’idée était géniale puisque ce fut le début des déserts médicaux. En effet dans la règle imposée par Juppé les médecins devaient prendre leur retraite anticipée mais s’engager à ne pas être remplacés, toujours pour faire des économies.

 

Nous sommes aujourd’hui en face de problème insurmontables de démographie médicale tant en ville que dans les hôpitaux

 

Un exemple cette semaine la direction des hôpitaux du cotentin ferment les urgences par manque de médecins. Là où il leur en faudrait 25 pour couvrir les 24 heures ils n’en ont que 15. Fermetures de services d’urgences, fermetures de SMUR, fermetures de cabinets médicaux de médecins généralistes en burn out. Voila la santé en France aujourd’hui et pourtant notre corps médical est d’un niveau de performances exceptionnel. Il suffirait que les énarques soient exclus de la politique pour être remplacés par des hommes ou des femmes de bon sens, sans doute pour que les choses aillent mieux.

 

Marisol Touraine et sa « loi santé » qui reviendra en discussion, en septembre au sénat fera sans doute pire. Non content de manquer de médecins ceux qui sont en place se sentent tellement maltraités que beaucoup envisagent de cesser leur activité ou de partir à l’étranger.


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Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic, participe ponctuellement comme éditorialiste a sud radio et rédacteur dans plusieurs revues.