Chômage : Baisse de l'allocation au 1er juillet 2021... en pleine crise

7,7 %
Au quatrième trimestre 2020, le taux de chômage au sens du BIT était
de 7,7% en France.

Déjà critiquée avant la crise sanitaire, la réforme de l’assurance-chômage continue de ne plaire à personne, et surtout pas aux syndicats. Mais le gouvernement, qui en est à l’origine, l’aime… et va bel-et-bien la lancer. Première étape : 1er juillet 2021… avec une potentielle baisse de l’allocation pour des centaines de milliers de chômeurs, et ce alors que la crise économique bat son plein.

La réforme du calcul de l’allocation en vigueur dès juillet 2021 ?

Malgré une opposition des syndicats comme du patronat, pour des raisons différentes, le gouvernement a annoncé mardi 2 mars 2021 que la première étape de la réforme de l’assurance-chômage va être lancée en juillet 2021. Il s’agit de la partie qui va impacter durement les revenus des chômeurs puisqu’il s’agit de la réforme sur le mode de calcul.

Alors que seuls les jours travaillés sont actuellement comptabilisés pour calculer le montant de l’allocation chômage, la réforme va prendre en compte également les jours d’inactivité, jusqu’à un maximum de 43% du nombre total de jours. Résultat : les chômeurs vont être indemnisés plus longtemps… mais avec moins d’argent.

Le gouvernement en est pleinement conscient : le ministère du Travail estime par exemple qu’un salarié ayant travaillé au Smic durant huit mois sur deux ans aura une indemnisation qui sera amputée de plus de 300 euros et passera de 985 euros à 667 euros. En compensation, cette allocation va être versée durant 14 mois contre 8 mois auparavant.

Vers une explosion de la précarité économique ?

Les syndicats ont bien identifié le principal problème de cette réforme… qui est accentué avec la crise économique et les milliers de postes supprimés en 2020 et 2021. Si l’allocation baisse, ce ne sera tout simplement pas le cas des dépenses des chômeurs telles que le loyer, le téléphone, l’énergie ou encore la nourriture. Amputer leur revenus risque donc de faire augmenter la précarité financière, juge la CFTC, qui explose déjà depuis le début de la crise sanitaire.

Or, le nombre de chômeurs touchés par ce pan de la réforme n’est pas anodin : plus de 800.000 selon le gouvernement.

Les autres changements à venir

La réforme ne s’arrête toutefois pas là et dès le 1er juillet 2021, ce sont les chômeurs de moins de 57 ans avec une allocation de plus de 4.500 euros qui seront touchés, là aussi avec une baisse du montant pouvant atteindre 30%.

Et les changements vont se poursuivre avec deux rendez-vous. Le premier, en octobre 2021, va réduire l’ouverture des droits : il faudra avoir travaillé au moins six mois, contre quatre actuellement. Sauf qu’il y a une condition suspensive pour l’entrée en vigueur de ce pan de réforme : une reprise de l’activité et des embauches, faute de quoi ce sera reporté jusqu’à ce que les voyants soient dans le vert.

Enfin, septembre 2022 verra l’entrée en vigueur du pan « entreprise » de la réforme, avec le bonus-malus sur les contrats courts. De quoi dissuader certaines entreprises d’embaucher, puisque la crise économique ne se sera pas résorbée d’ici-là. Et, surtout, de quoi ménager un peu les entreprises par rapport aux chômeurs qui, eux, vont subir les effets de la réforme de plein fouet dès la mi-juillet 2021.


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