Hausse des prix à la pompe : à qui la faute ?

13,9 CENTIMES
Les marges des distributeurs sur un litre d'essence s'établissent en
moyenne à 13,9 centimes d'euro depuis le début de l'année.

Il n'a jamais été très agréable de faire un arrêt à la station service en raison des prix des carburants toujours très élevés, mais cela a empiré depuis quelques temps, déplore l'association de consommateurs CLCV.

En cause : les marges des distributeurs en hausse et un niveau de taxes qui ne cesse de gonfler. Un couple avec deux voitures (une essence, l'autre diesel) qui conduit 25 000 km par an paieront un surplus compris entre 100 et 225 euros en 2018, contre 180 euros environ l'an dernier. Il y a bien sûr la hausse des prix du pétrole qui explique en partie cette facture plus élevée. Mais la France, qui était parmi les pays européens où les marges des distributeurs étaient les plus faibles (de l'ordre de 6 à 7 centimes du litre), a aussi vu une forte progression de ces marges. Elles sont de 13,9 centimes en moyenne sur le litre d'essence (2,9 centimes de plus qu'en 2017), et de 12,6 centimes sur le litre de gazole (soit 1,4 centime de plus que l'an dernier).

Modération des marges

La CLCV appelle les distributeurs à « modérer » leurs marges. Mais ils ne sont pas les seuls en cause : le niveau des taxes est aussi très élevé. Elles ont d'ailleurs beaucoup progressé depuis la hausse de la contribution climat énergie, note l'association. L'an dernier, le montant total des taxes s'établissait à 88,9 centimes du litre d'essence, pour 75,2 centimes pour le litre de gazole. Et cela ne va pas aller en s'arrangeant puisque les pouvoirs publics veulent effectuer un « rattrapage » de la fiscalité du diesel sur l'essence.

Argument écologique

Seul problème : l'argument écologique ne tient pas la route. « La hausse de la fiscalité écologique est avant tout une mesure de rendement fiscal et qu’elle heurte le portefeuille des particuliers », estime l'association de consommateurs, qui n'a relevé aucun effet de diminution de la consommation d'énergie fossile. La balle est désormais dans le camp du gouvernement et des distributeurs.


A découvrir