TikTok : les associations de consommateurs portent plainte

315 millions
TikTok espère engranger 315 millions d'utilisateurs d'ici fin 2023,
contre 192 millions fin 2020.

L’application TikTok est dans le viseur du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) : la fédération, qui dénonce l’imprécision délibérée des Conditions générales d’utilisation de l’application et une exploitation des mineurs, vient d’alerter les autorités nationales de défense des droits des consommateurs afin que ces dernières mènent une enquête.

Des cadeaux virtuels dont TikTok seul détermine le prix

Alors que le nouveau président américain, Joe Biden, a suspendu le processus d’interdiction de TikTok aux États-Unis le temps de mener une enquête, en Europe les choses se corsent pour la fameuse application de partage de vidéos courtes. Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), une fédération de 43 associations de consommateurs issues de 31 pays européens (qui compte parmi ses adhérents les associations françaises Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) et UFC-Que Choisir), vient de saisir les autorités nationales de défense des droits des consommateurs (dont la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), en France).

Le BEUC reproche à TikTok d’avoir délibérément rendu ses Conditions générales d’utilisation floues et ambiguës afin qu’elles soient toujours à l’avantage de TikTok, au détriment du consommateur. La « Virtual Item Policy » de TikTok en particulier est pointée du doigt : cette politique concerne l’achat par les utilisateurs de TikTok de « pièces de monnaie », qu’ils peuvent ensuite convertir en cadeaux virtuels pour leurs vidéastes préférés. Problème : cette politique prévoit que pour ces opérations conversion, TikTok décide du cours de change à sa guise.

Sur TikTok, des mineurs qui créent du buzz pour des marques en espérant gagner une récompense

Autre problème soulevé par le BEUC : sur TikTok, les marques invitent les utilisateurs (mineurs notamment) à tourner des vidéos sur le thème de leurs produits, qu’ils doivent en plus estampiller de plusieurs hashtags imposés. Cette exploitation des mineurs à des fins de publicité inquiète vivement le BEUC, qui souhaite que les autorités nationales enquêtent sur la légalité ou non de telles pratiques.

Dans la même veine, sur TikTok les mineurs sont susceptibles de voir du contenu inapproprié pour leur âge et même potentiellement dangereux. Enfin, et c’est un classique des revendications des associations de consommateurs, TikTok n’informe pas clairement ses utilisateurs sur les modalités et les finalités de la collecte de leurs données personnelles.


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