Vieillir à domicile : la Cour des comptes déplore une offre insuffisante

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Les services de soins infirmiers à domicile comptent seulement 20
places pour 1.000 personnes de 75 ans et plus.

Malgré les différents plans gouvernementaux, la prise en charge des personnes dépendantes à domicile laisse toujours à désirer, pointe la Cour des comptes. L’institution avance plusieurs pistes pour mettre l’offre en adéquation avec les besoins.

Dépendance : paradoxalement, l’offre en EHPAD est plus développée que l’offre à domicile

Vieillir chez soi n’est pas évident en France. Le « virage domiciliaire », maintes fois annoncé par le gouvernement, peine à se concrétiser, pointe la Cour des comptes, qui déplore « une offre insuffisante et pas assez structurée ». En effet, un nombre important de placements en EHPAD aurait pu être évité (car bien souvent, ni la personne âgée elle-même ni ses proches ne le souhaitent pas) si l’offre de prise en charge à domicile était suffisamment développée.

En effet, la France ne compte que 2.125 structures de soins infirmiers à domicile pouvant s’occuper de 126.600 bénéficiaires potentiels, soit 20 places pour 1.000 personnes de 75 ans et plus. L’offre en EHPAD, elle, est beaucoup plus développée : la France compte 102 places d’EHPAD pour 1.000 personnes âgées de 75 ans et plus.

Prise en charge à domicile : des créations de postes sont nécessaires pour répondre aux besoins

Et si cette offre n’est pas suffisante dans la situation démographique actuelle, il faut garder à l’esprit que notre société ne fera que vieillir. Les besoins se feront donc encore plus importants à l’avenir. D’après l’estimation de la Cour des comptes, pour répondre à ces besoins, 25.000 nouvelles places devront être créées d’ici à 2030, pour faire face au choc démographique. Quant au secteur de la prise en charge à domicile, la Cour estime que d’ici 2030, il faudrait créer 19.000 postes supplémentaires dans les SSIAD (services de soins infirmiers à domicile) en plus des actuels 50.000 et 63.000 postes nouveaux dans les services d’aide et d’accompagnement à domicile.

Afin de rendre le secteur attractif, la Cour des comptes recommande, par ailleurs, d’indexer les dotations que reçoivent les SSIAD sur le degré de dépendance des bénéficiaires. Ceci, afin de mettre fin à « l’exclusion des patients les plus dépendants ».


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