Accord USA-UE : voici les taxes qui nous seront imposées

L’Union européenne et les États-Unis ont trouvé un terrain d’entente en matière de commerce : baisse progressive de certaines taxes, plafonds sur d’autres produits et promesses d’achats massifs d’énergie et de technologies. Un accord présenté comme « stratégique », mais qui reste largement politique.

Anton Kunin
By Anton Kunin Published on 22 août 2025 7h29
Accord USA-UE : voici les taxes qui nous seront imposées
Accord USA-UE : voici les taxes qui nous seront imposées - © Economie Matin
40 milliards de dollarsEn échange de ces droits de douane présentés comme étant préférentiels, l'Europe devra acquérir au moins 40 milliards de dollars de puces d’intelligence artificielle américaines.

Que change l’accord pour les voitures et l’industrie ?

Le 21 août 2025, Washington et Bruxelles ont dévoilé un accord-cadre pour apaiser leurs tensions commerciales. Concrètement, il s’agit d’un système de plafonds sur les droits de douane appliqués aux échanges transatlantiques. Cet accord vise surtout à donner de la visibilité aux entreprises, sans mettre fin à toutes les barrières.

Le secteur automobile, qui concentrait l’essentiel des crispations, est directement concerné. Aujourd’hui, les voitures européennes importées aux États-Unis supportent des droits de douane de près de 27,5%. Demain, ce taux pourrait descendre à 15%, mais uniquement si l’Union européenne supprime elle-même ses propres taxes sur les produits industriels américains. Autrement dit, la baisse n’est pas automatique : Bruxelles devra d’abord avancer sur sa législation. En attendant, Washington garde la main et maintient la pression.

L’accord prévoit aussi des exceptions. Les avions et pièces aéronautiques, mais aussi certains médicaments génériques et leurs composants, resteront soumis aux seuls tarifs de base (appelés MFN), souvent nuls. D’autres secteurs sensibles, comme les semi-conducteurs ou le bois, ne pourront pas être taxés au-delà de 15%. En revanche, l’acier et l’aluminium, deux dossiers très disputés, conservent pour l’instant des droits de 50%. Les discussions doivent continuer pour envisager une solution plus souple.

Pourquoi parle-t-on aussi d’énergie et de technologies ?

Au-delà des taxes, l’accord inclut des engagements financiers massifs. L’Europe s’est engagée à acheter pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine d’ici 2028. Elle a aussi promis d’acquérir au moins 40 milliards de dollars de puces d’intelligence artificielle et d’encourager ses entreprises à investir 600 milliards de dollars aux États-Unis. Ces chiffres montrent que le texte dépasse largement les droits de douane : en échange de ces taux présentés comme étant préférentiels, l'Europe s'engage à acheter américain et à investir dans le pays de l'Oncle Sam.

Un accord plus politique qu’économique

Malgré ces annonces, l’accord reste fragile. Il ne couvre pas certains produits emblématiques, comme le vin ou les spiritueux. Il ne supprime pas non plus les tensions sur les métaux. Reste que le signal est clair : après plusieurs années de bras de fer, les deux rives de l’Atlantique veulent calmer le jeu et donner une base plus stable à leurs relations commerciales.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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