Eau : comment choisir entre minérale, naturelle et robinet ?

Boire de l’eau est un geste quotidien, banal en apparence. Pourtant, derrière chaque gorgée se cache un choix : eau du robinet, eau minérale ou eau naturelle ? À l’heure où les préoccupations environnementales croisent les enjeux de santé publique, ce choix n’a rien d’anodin. Caractérisées par des compositions chimiques distinctes et des modes de distribution spécifiques, ces eaux n’offrent pas les mêmes garanties — ni les mêmes risques. État des lieux actualisé.

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By Rédacteur Published on 28 septembre 2025 15h00
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Eau : comment choisir entre minérale, naturelle et robinet ? - © Economie Matin
10L'eau du robinet doit respecter un seuil maximal de 10 µg/l de plomb.

Une ressource sous surveillance stricte : l’eau du robinet

Depuis le décret du 22 décembre 2022 transposant la directive européenne 2020/2184, l’eau du robinet destinée à la consommation humaine est soumise à un encadrement réglementaire renforcé. Cette eau — que 67 % des Français consomment quotidiennement — est analysée selon 54 critères sanitaires différents. Elle doit, notamment, respecter un seuil maximal de 10 µg/l de plomb, comme le rappelle UFC‑Que Choisir. L’organisme insiste : « L’eau du robinet suscite de la méfiance bien qu’elle soit très contrôlée », une perception qui contraste avec la réalité sanitaire.

Sur le terrain, les agences régionales de santé mènent des campagnes de tests massives. L’ARS Auvergne‑Rhône‑Alpes a ainsi conduit 1 110 analyses sur les eaux distribuées et 821 sur les eaux brutes. Objectif : traquer les PFAS, ces substances perfluoroalkylées potentiellement toxiques. Depuis juillet 2025, la limite autorisée pour la somme des 20 PFAS les plus préoccupants a été fixée à 0,10 µg/l selon le ministère de la Transition écologique. Malgré ces exigences, le coût de cette eau reste modique : 0,003 €/litre, contre 0,20 € pour l’eau de source et 0,40 € pour l’eau minérale, selon UFC‑Que Choisir.

Les eaux en bouteille : entre pureté revendiquée et composition stable

L’eau minérale naturelle, souvent perçue comme plus pure, obéit à une définition bien précise : elle doit être « microbiologiquement saine, provenir d’un gisement souterrain et maintenir une composition stable dans le temps », selon le Rapport Sénat publié le 14 mai 2025. Cette stabilité est, en effet, la condition sine qua non pour obtenir l’agrément administratif nécessaire à son exploitation. Les variations naturelles sont tolérées, mais ne doivent pas altérer les caractéristiques essentielles — ni la température à l’émergence.

La composition minérale de ces eaux varie selon leur origine. Certaines sont riches en bicarbonates, d’autres en sulfates, calcium ou fluor. À ce propos, UFC‑Que Choisir rappelle que « les eaux minérales peuvent contenir jusqu’à 5 mg/l de fluor », bien au-delà de la limite de 1,5 mg/l fixée pour l’eau potable. Cette richesse peut offrir des bénéfices thérapeutiques dans des indications ciblées (troubles digestifs, carence en magnésium), mais n’est pas toujours recommandée pour un usage quotidien. Notons que le coût reste élevé pour le consommateur, avec une moyenne de 0,40 €/litre.

Eau naturelle de source : le compromis discret

Moins médiatisée que l’eau minérale, l’eau de source présente des caractéristiques intéressantes. Issue elle aussi de nappes souterraines, elle doit répondre aux mêmes critères de potabilité que l’eau du robinet, sans pour autant subir les traitements chimiques que cette dernière peut connaître. Elle n’a pas l’obligation de stabilité minérale dans le temps, mais bénéficie d’un positionnement marketing centré sur l’« authenticité ». D’un point de vue économique, elle représente une option intermédiaire, avec un tarif moyen de 0,20 €/litre.

Sur le plan réglementaire, l’eau de source reste encadrée, même si les exigences sont moins spécifiques que pour les eaux minérales. Elle est soumise aux dispositions générales du code de la santé publique, en particulier depuis l’ordonnance du 22 décembre 2022 précitée. En matière de polluants émergents, elle peut contenir, comme l’eau du robinet, des traces de PFAS, mais reste contrôlée selon les mêmes seuils. Ce positionnement hybride — ni trop transformée, ni trop riche — en fait une solution équilibrée pour les consommateurs soucieux de limiter les emballages plastiques sans renoncer à une eau embouteillée.

Quelle eau choisir ? Un arbitrage entre environnement, santé et budget

Le choix entre ces trois types d’eau dépend de plusieurs critères :

  1. Qualité sanitaire : l’eau du robinet est la plus contrôlée et conforme à des normes européennes strictes.
  2. Composition minérale : les eaux minérales offrent des profils variés, mais parfois inadaptés à un usage quotidien.
  3. Prix : l’eau du robinet est jusqu’à 130 fois moins chère que l’eau minérale.
  4. Impact écologique : privilégier le robinet ou la source en vrac permet de réduire l’usage du plastique.
  5. Utilisation spécifique : certaines eaux minérales peuvent être indiquées médicalement, sous contrôle.

Chaque Français consomme en moyenne 149 litres d’eau potable par jour, soit environ 54 m³ par an, d’après le ministère de la Transition écologique. Un chiffre qui souligne l’enjeu collectif : plus qu’un simple besoin physiologique, boire de l’eau est un acte éminemment politique et environnemental.

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