Le gouvernement voulait imposer la liquidation automatique du Plan d’Épargne Retraite (PER) à l’âge légal de départ. L’amendement, examiné dans le cadre du budget 2026, visait à limiter les effets fiscaux jugés trop avantageux pour les épargnants. Après plusieurs jours de débats, les députés ont finalement renoncé à cette fermeture obligatoire, préservant la flexibilité du dispositif.
PER : la fermeture automatique à la retraite n’aura pas lieu

Le 3 novembre 2025, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2026, le gouvernement et la majorité ont reculé face à la fronde parlementaire autour du PER. Produit d’épargne plébiscité par les Français pour préparer leur retraite, le Plan d’Épargne Retraite a été au centre d’un débat technique mais stratégique sur la fiscalité de l’épargne longue.
Retraite : Ce que voulait faire le gouvernement sur la fermeture des PER
Dès le 20 octobre 2025, la commission des finances de l’Assemblée nationale avait adopté un amendement qui proposait de rendre obligatoire la liquidation du PER dès l’âge légal de la retraite. Le texte, introduit par des députés socialistes, prévoyait que les détenteurs devraient « liquider leur plan d’épargne retraite dès qu’ils atteignent l’âge légal », relaye Capital.
L’objectif affiché était clair : mettre fin à ce que les parlementaires qualifiaient d’« opportunité d’optimisation fiscale massive ». Cette mesure aurait obligé les titulaires à clôturer leur plan, transformant ainsi l’épargne accumulée en rente ou en capital immédiatement imposable.
Selon Eres Group, les auteurs de l’amendement souhaitaient « corriger une faille » du système : aujourd’hui, lorsqu’un épargnant décède sans avoir liquidé son PER, le capital transmis à ses héritiers échappe à l’impôt sur le revenu, tout en profitant d’une fiscalité successorale proche de celle de l’assurance-vie. Cette combinaison a été jugée trop généreuse dans le contexte du Budget 2026. Pour les défenseurs de la mesure, le PER devait redevenir un véritable produit de retraite et non un outil patrimonial de transmission.
Le gouvernement avait soutenu cette orientation, justifiant la proposition par la nécessité de redresser les finances publiques. Selon les estimations citées par Boursorama, les recettes fiscales supplémentaires attendues s’élevaient à près de 200 millions d’euros par an. Un montant modeste à l’échelle du budget, mais symbolique dans le cadre de la chasse aux niches fiscales.
Pour rappel, le PER compte environ 11,6 millions de titulaires et représente 125 milliards d’euros d’encours à fin 2025. Son succès s’explique par ses avantages fiscaux : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite de 10 % du revenu annuel, soit 4 637 euros pour un salarié moyen en 2025. Ces incitations font du PER un outil central d’épargne retraite, mais aussi un véhicule d’assurance-vie complémentaire.
Le débat budgétaire et les tensions autour de l’épargne
Le débat sur la fermeture du PER a pris corps dans un contexte politique tendu. L’examen du projet de loi de finances pour 2026 a été ralenti par un afflux d’amendements, selon Le Monde. Le gouvernement, soucieux de réduire le déficit, a cherché de nouvelles ressources fiscales, tandis que l’opposition dénonçait un coup porté à l’épargne des classes moyennes.
Les défenseurs du PER soulignaient que le produit remplit sa fonction : encourager les Français à anticiper la baisse de leurs revenus à la retraite. Imposer sa liquidation automatique reviendrait, selon eux, à briser la logique de liberté instaurée par la loi PACTE de 2019. Cette loi, rappelons-le, avait unifié les anciens dispositifs (PERP, Madelin, Perco) sous un cadre plus simple et plus portable.
Pour les associations d’épargnants, la liquidation forcée aurait aussi créé un risque fiscal immédiat. En cas de sortie en capital, le versement d’un seul bloc pourrait faire grimper le revenu imposable, entraînant une hausse du taux marginal d’imposition. De son côté, le ministère des Finances insistait sur l’équité. Pour Bercy, il s’agissait d’une mise en cohérence du dispositif, pas d’une remise en cause du principe du PER.
Le vote final : maintien du statu quo et incertitudes à venir
En séance publique, le 3 novembre 2025, les députés ont finalement rejeté l’amendement. Le PER ne sera donc pas soumis à une fermeture obligatoire à la retraite, souligne Capital. Le texte du budget 2026 conserve la liberté actuelle : les épargnants peuvent décider eux-mêmes du moment où ils liquident leur plan, en rente, en capital ou en combinant les deux.
Ce rejet constitue un soulagement pour les épargnants et pour le secteur financier. Capital évoque un « vote de raison » qui préserve la stabilité du cadre fiscal de l’épargne. L’article souligne aussi que plusieurs députés de la majorité se sont abstenus ou ont exprimé des réserves sur la mesure, estimant qu’elle aurait pu « fragiliser la confiance dans le produit ». Pour autant, le sujet n’est pas clos. La question pourrait revenir lors de la seconde lecture du texte ou au Sénat. Certains parlementaires envisagent de réintroduire la liquidation automatique sous une forme aménagée, par exemple limitée aux PER dépassant un certain montant d’encours.
