Mutuelles communales : qui peut vraiment en bénéficier aujourd’hui ?

Face à la hausse continue des dépenses de santé et à l’exclusion d’une partie de la population des contrats collectifs obligatoires, de nombreuses communes françaises instaurent désormais des mutuelles communales.

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By Rédaction Published on 1 février 2026 15h03
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Mutuelles communales : qui peut vraiment en bénéficier aujourd’hui ? - © Economie Matin
15%En moyenne, elles permettraient une économie de 15 % à 30 % par rapport à une offre individuelle.

Ces mutuelles communales promettent en effet des tarifs attractifs. Mais leur mise en œuvre soulève des interrogations sur leur coût, leur accessibilité et leur efficacité réelle.

Mutuelles communales : une réponse municipale à une exclusion croissante

Dans un pays où 4 % des Français de plus de 15 ans ne disposent d’aucune complémentaire santé, les municipalités multiplient les initiatives. Le chiffre grimpe à 12 % chez les 10 % les plus modestes, selon Le Monde. Le profil des exclus ? Des chômeurs, des retraités modestes, ou encore des indépendants sans accès à la mutuelle d’entreprise, pourtant obligatoire depuis le 1ᵉʳ janvier 2016 pour les salariés.

Ainsi, pour combler ce vide, les maires passent par leur Centre communal d’action sociale (CCAS) afin de négocier des contrats collectifs auprès d’assureurs. Ce levier permet de proposer des offres de mutuelles à tarifs réduits — et sans discrimination liée à l’état de santé, l’âge ou les revenus. Selon France Mutuelle, ces dispositifs sont souvent ouverts à tous les résidents, voire aux personnes travaillant ou étudiant dans la commune.

Les offres sont aussi souples : certains contrats prévoient des formules modulables, allant du forfait minimal aux garanties complètes (optique, dentaire, hospitalisation).

Un public ciblé mais de plus en plus large

Initialement pensées pour les seniors, qui représentent parfois jusqu’à 85 % des adhérents dans certaines communes, toujours selon Le Monde, ces mutuelles communales s’ouvrent progressivement à un spectre plus large. Étudiants, auto-entrepreneurs, commerçants, demandeurs d’emploi ou agents territoriaux : tous peuvent potentiellement en bénéficier.

La Dépêche note que certaines mairies organisent même des réunions publiques d’information ou mettent en place des permanences pour accompagner les administrés dans leurs démarches. L’objectif est clair : limiter le renoncement aux soins, souvent causé par des tarifs prohibitifs.

Ces contrats municipaux sont aussi attractifs car sans sélection médicale. Il n’est donc pas nécessaire de justifier de son état de santé pour y souscrire — un avantage crucial pour les personnes âgées ou atteintes de pathologies chroniques, souvent pénalisées dans les contrats classiques.

Quel impact sur le portefeuille des Français ?

Alors que les cotisations des mutuelles individuelles ont explosé ces dernières années (+4,7 % en 2023, +8,1 % en 2024, +5,3 % en 2025, selon Le Monde), les complémentaires santé communales apparaissent comme une bouée de sauvetage. En moyenne, elles permettraient une économie de 15 % à 30 % par rapport à une offre individuelle. Certaines sources, comme Mes-allocs.fr, évoquent même jusqu’à 40 % de réduction dans certains cas.

Ce gain n’est pas négligeable. Il peut représenter plusieurs centaines d’euros économisés par an pour un ménage. Mais il dépend de plusieurs paramètres : le niveau de garantie choisi, l’âge du bénéficiaire, le nombre d’ayants droit.

Pour les communes, ces mutuelles sont aussi un outil de politique sociale. Il permet de proposer une offre solidaire sans mobiliser de budget public, la gestion étant assurée par les assureurs partenaires. L’enjeu reste toutefois la pénétration réelle de ces offres : certaines villes peinent à convaincre au-delà des publics traditionnels, faute de communication ou à cause de la méfiance envers les nouveaux contrats.

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