Le barème de l’impôt sur le revenu applicable en 2026 (sur les revenus perçus en 2025) devrait être revalorisé de 0,9 %, conformément à l’inflation retenue par le gouvernement. Sans modifier les taux d’imposition, cette actualisation prévue dans le Budget 2026 vise à éviter que la hausse nominale des salaires ne se traduise mécaniquement par une augmentation de l’impôt. Le journal Les Echos a fait les calculs.
Impôt sur le revenu : voici le nouveau barème 2026

Un barème de l’impôt sur le revenu progressif qui reste inchangé dans sa structure
La revalorisation des seuils a été intégrée au Budget 2026 entre autres pour éviter une censure du gouvernement qui, initialement, avait opté pour un gel. Mais l’exécutif n’étant pas certain de ne pas se faire censurer ce mardi 20 janvier 2026, après le déclenchement du 49.3, il a dû faire des concessions, notamment au Parti socialiste. Le dégel du barème de l’impôt sur le revenu et son indexation sur l’inflation ont fait partie de ces concessions.
Comme les années précédentes, l’impôt sur le revenu en France repose sur un barème progressif, composé de cinq tranches. Chaque tranche correspond à une fraction du revenu imposable, taxée à un taux spécifique.
Pour la déclaration de revenus 2026, les seuils des tranches du barème sont les suivants :
- 0 % jusqu’à 11 600 euros
- 11 % de 11 601 à 29 579 euros
- 30 % de 29 580 à 84 577 euros
- 41 % de 84 578 à 181 917 euros
- 45 % au-delà de 181 917 euros
Les taux restent strictement identiques à ceux de l’an dernier. Seuls les seuils ont été ajustés à la hausse pour tenir compte de l’évolution des prix, selon les informations du journal Les Echos.
Une revalorisation destinée à neutraliser l’inflation
Cette revalorisation de 0,9 % répond à un objectif précis : éviter l’« effet de glissement fiscal », aussi appelé « progression froide ». Ce taux est le niveau d’inflation annuelle selon l’Insee qui a publié ses données définitives mi-janvier 2026. Sans ajustement, un contribuable dont le salaire augmente simplement pour suivre l’inflation pourrait basculer dans une tranche supérieure, et donc payer davantage d’impôt, sans réel gain de pouvoir d’achat.
Concrètement, le nouveau barème permet à de nombreux foyers de rester dans la même tranche d’imposition qu’en 2025, malgré une hausse nominale de leurs revenus. Il ne s’agit donc pas d’une baisse d’impôt, mais d’une mesure de maintien de la pression fiscale.
Un impôt souvent mal compris : attention au taux marginal
L’une des confusions les plus répandues concerne le taux marginal d’imposition.
Contrairement à une idée reçue, le taux le plus élevé atteint ne s’applique jamais à l’ensemble du revenu.
Chaque tranche est imposée séparément. Ainsi, un contribuable entrant dans la tranche à 30 % ne voit taxée à ce taux que la fraction de son revenu dépassant 29 579 euros. Le taux moyen réellement payé est donc toujours inférieur au taux marginal affiché.
Qui bénéficie le plus de cette actualisation ?
La revalorisation des seuils profite principalement :
- aux revenus modestes et intermédiaires, proches des limites de tranche ;
- aux salariés dont la rémunération a évolué au rythme de l’inflation ;
- aux retraités bénéficiant d’une revalorisation modérée de leurs pensions.
En revanche, l’effet est quasi nul pour les très hauts revenus, déjà largement au-delà des seuils supérieurs, et limité pour les contribuables ayant connu une forte augmentation de revenus.
