Les États-Unis sont-ils vraiment fermés aux acquisitions européennes ?

L’idée s’est imposée ces dernières années : les États-Unis se seraient progressivement fermés aux investissements étrangers, en particulier dans les secteurs sensibles. Sous l’effet des tensions géopolitiques et du durcissement des contrôles réglementaires, nombre d’entreprises européennes hésitent désormais à s’y développer par acquisition.

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By William Kahn Published on 19 mai 2026 5h42
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Red down arrow inside of magnifier glass and USD dollar banknote for United States of America or USA economic recession concept. - © Economie Matin
3,8%Les prix à la consommation ont augmenté de 3,8 % en avril sur un an aux Etats-Unis

Cette lecture est pourtant incomplète.

Sur le terrain, la réalité des opérations de fusions-acquisitions transatlantiques est plus nuancée. Les autorités américaines ne ferment pas l’accès au marché ; elles en redéfinissent les règles. Dans des secteurs comme la défense, les technologies, la santé ou les infrastructures, les acquisitions restent possibles, à condition d’anticiper les exigences réglementaires et de structurer les transactions en conséquence.

Autrement dit, l’enjeu n’est pas tant l’accès que la capacité à naviguer dans un environnement plus exigeant.

Un cadre plus contraignant… mais plus lisible

Les mécanismes de contrôle des investissements étrangers, notamment via le Committee on Foreign Investment in the United States (CFIUS), ont indéniablement renforcé leur vigilance. Mais ils offrent également un cadre plus prévisible pour les acteurs qui s’y préparent en amont.

Dans ce contexte, les entreprises européennes disposant d’une approche structurée, intégrant les enjeux de souveraineté, de sécurité des données ou de continuité industrielle, continuent de mener à bien leurs opérations.

Un décalage entre perception et réalité

Ce qui frappe aujourd’hui, c’est l’écart entre la perception d’un marché fermé et la réalité d’un marché sélectif. Ce décalage peut créer des opportunités pour les acquéreurs prêts à s’engager.

Repenser la stratégie d’expansion

Pour les dirigeants européens, la question n’est donc plus de savoir s’il est possible d’investir aux États-Unis, mais comment le faire efficacement.

Dans un environnement où la croissance organique reste longue et incertaine, les opérations de M&A demeurent un levier d’accès rapide à des technologies, des équipes et des marchés.

À condition, toutefois, d’intégrer dès l’origine les nouvelles contraintes du jeu.

Wkahn

fondateur de Kahn Partners

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