Cyberattaque : comment gérer une crise quand on ne peut plus se parler ?

Face aux cyberattaques, les entreprises doivent anticiper la perte de leurs communications et préparer un véritable kit d’urgence incluant messagerie sécurisée, visioconférence et partage de documents. La préparation des cellules de crise relève de la gouvernance et représente un investissement nécessaire au regard des pertes d’exploitation encourues en cas d’inaction.

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By Pascale Perez et Sylvain Garcia Published on 1 novembre 2026 10h01
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Cyberattaque : comment gérer une crise quand on ne peut plus se parler ? - © Economie Matin

Les entreprises investissent de plus en plus pour empêcher les cyberattaques. Elles oublient pourtant souvent de préparer aussi leur capacité à réagir lorsque ces protections échouent et que les outils informatiques ne sont plus disponibles. Les communications de crise relèvent de la gouvernance : les improviser le jour de l'attaque, c'est perdre un temps précieux que l'entreprise risque de payer au prix fort.

Imaginons une situation à laquelle toutes les organisations seront confrontées un jour : la détection d'une cyberattaque. Dès les premières minutes, les équipes informatiques réagissent et rendent le système d'information indisponible pour éviter une propagation. La messagerie et les outils collaboratifs deviennent alors indisponibles. On se retrouve alors sans moyen de mobilisation, de traçabilité et de communication au moment même où le besoin de se coordonner et d'échanger devient le plus urgent. Dans nos environnements professionnels modernes, dominés par les modes de travail hybrides, se réunir dans une pièce avec papiers et crayons n'est pas réaliste, et surtout peu efficace.

Le téléphone peut certes permettre de donner l'alerte. Mais les appels successifs ne suffisent pas à coordonner une cellule de crise. Les informations circulent de manière fragmentée et les documents ne peuvent pas être partagés facilement.

Cette improvisation devient d'autant plus problématique que la crise dure. Pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, parfois davantage, il faut pouvoir réunir des équipes réparties entre différents sites, solliciter des prestataires, échanger avec les autorités et informer les partenaires. La cellule de crise a besoin de suivre les actions engagées et d'organiser les suivantes. Car chaque décision retardée risque de prolonger les perturbations et les pertes d'exploitation.

Un kit d'urgence de communication pour piloter la gestion de crise

Cette capacité de réaction engage directement la direction : c'est elle qui devra réunir la cellule de crise, arbitrer les priorités et prendre les premières décisions. Elle doit donc s'assurer, avec l'appui de la DSI, que les personnes mobilisées disposeront immédiatement de moyens de communication accessibles et qu'elles sauront les utiliser. Cette préparation doit être organisée et testée avant l'incident.

L'organisation doit ainsi anticiper un véritable kit d'urgence de pilotage de crise et de communication : une messagerie sécurisée, un agenda et des outils de visioconférence et de partage de documents adaptés au travail collectif.

Cet environnement doit fonctionner comme un bunker, indépendant du système d'information principal et donc déployable lors d'une cyberattaque. Ces outils ont vocation à être réservés aux membres de la cellule de crise, qui sous pression, doivent pouvoir retrouver des fonctions familières. Communiquer, de façon fluide et instantanée, pour pouvoir s'organiser et décider dans un temps compté.

La cyber-résilience a un coût, l'inaction aussi

La directive NIS2, dont la transposition française est encore en cours, ainsi que le règlement DORA renforcent les exigences de préparation aux incidents et de gestion de crise. Mais les attaquants n'attendent pas le calendrier réglementaire. Les organisations doivent dès maintenant anticiper la perte de leurs communications et préparer les moyens d'y faire face, sans attendre d'y être contraintes.

Au-delà d'une mise en conformité, l'argument du coût financier doit finir de motiver les directions à agir. Chaque minute perdue à chercher l'information ou à se coordonner retarde le retour à la normale et alourdit ainsi les pertes financières.

Une solution de pilotage de crise et de messagerie de secours représente certes un investissement que certaines organisations préfèrent reporter tant qu'aucun incident ne survient. Mais le coût des communications d'urgence doit être mis en regard des pertes d'exploitation et des interventions d'urgence auxquelles une organisation mal préparée s'expose.

Supprimer les exercices incendie peut aussi donner l'impression de réaliser une économie. Mais le jour où le feu se déclare, sur le terrain ou dans le système d'information, le manque de préparation ne pardonne pas.

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Pascale Perez, fondatrice d’AUCAE et Sylvain Garcia, CCO de BlueMind

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