L’Assemblée nationale a tranché : l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions reste en place, malgré la volonté du gouvernement de le remplacer par un forfait unique qui aurait désavantagé les retraités les plus favorisés.
Abattement de 10 % : les députés sauvent les retraités riches

Le 13 novembre 2025, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, les députés ont rejeté la suppression de l’abattement de 10 % appliqué aux pensions de retraite. Cette disposition, incluse dans le projet de loi de finances pour 2026, devait modifier profondément la fiscalité liée à la retraite, aux impôts et au vote parlementaire. Malgré l’enjeu budgétaire, les parlementaires ont décidé de maintenir l’abattement.
La réforme de l’abattement fiscal des retraités supprimée par les députés
Le cœur du débat portait sur le projet gouvernemental visant à remplacer l’abattement proportionnel de 10 % par un abattement forfaitaire unique de 2 000 €. Les députés ont finalement rejeté cette réforme par 213 voix contre 17, maintenant sans ambiguïté la forme actuelle de l’abattement. Ce revers intervient alors que le gouvernement souhaitait recentrer l’avantage fiscal, tout en dégageant de nouvelles recettes. La commission des finances avait déjà donné le ton quelques semaines plus tôt en rejetant l’article 6 du projet dès le 21 octobre 2025. D’après LCP, les parlementaires avaient alors « rétabli en commission l’abattement de 10 % », confirmant leur réticence envers une réforme jugée potentiellement injuste pour une partie des retraités.
L’abattement de 10 % fait partie des plus anciennes niches fiscales rattachées aux pensions. Il consiste en une réduction automatique de l’assiette imposable, avec un plancher fixé à 450 euros par personne et un plafond global de 4 399 euros pour le foyer fiscal, comme le rappelle LégiFiscal. Ce mécanisme, généralisé et simple, est au cœur des débats car il représente un coût important pour l’État. Selon Le Particulier, ce dispositif a coûté 5 milliards d’euros en 2025. Malgré cette charge significative, les députés ont choisi de ne pas supprimer l’abattement. Ils justifient leur choix par la nécessité de préserver un équilibre fiscal pour les retraités, catégorie souvent décrite comme vulnérable sur le plan financier.
Pourquoi la réforme de l’abattement était envisagée et ce qu’elle impliquait
L’objectif principal de la réforme était de transformer l’actuel abattement proportionnel en un forfait de 2 000 euros, appliqué uniformément à chaque retraité imposable. Le gouvernement plaidait pour une approche plus simple et plus juste, estimant que le calcul en pourcentage bénéficiait davantage aux pensions les plus élevées. D’après LégiFiscal, ce forfait visait explicitement à générer des recettes nouvelles et à mieux cibler l’avantage sur les retraites les plus modestes. Avec un forfait unique, un retraité disposant d’une petite pension aurait bénéficié d’une réduction plus importante qu’actuellement, tandis que les retraités bénéficiant de pensions élevées auraient subi une réduction moindre, voire une baisse nette de leur avantage fiscal.
Le gouvernement trouvait dans cette réforme un moyen de renforcer la progressivité du système fiscal tout en allégeant la dépense publique. Toutefois, cette approche s’est heurtée à une perception politique délicate : toucher à l’abattement revient, pour beaucoup de parlementaires, à augmenter l’impôt des retraités, un acte électoralement risqué.
Ce que cette décision change pour les retraités et pour la fiscalité
Pour les retraités, le maintien du dispositif actuel signifie qu’ils continueront de bénéficier de l’abattement de 10 % sur leur pension imposable. Cette stabilité est importante : les retraités ont désormais la certitude que leur impôt sur le revenu ne changera pas en 2026 du fait d’une réduction de l’avantage fiscal existant. Cette continuité évite également les effets de seuil ou les incompréhensions qui auraient pu accompagner la transition vers un forfait fixe.
Ce maintien protège notamment les retraités disposant de pensions moyennes ou élevées, qui auraient été les plus touchés par la réforme. À l’inverse, les retraités les plus modestes ne bénéficieront pas du « coup de pouce » que le forfait de 2 000 euros aurait entraîné. Le statu quo, malgré son apparente simplicité, laisse donc intact un système stable mais imparfait d’un point de vue redistributif.
Les chiffres disponibles montrent ainsi que l’impact pour les finances publiques reste considérable : l’État devra continuer d’assumer un coût estimé entre 5 et 5,3 milliards d’euros chaque année pour financer cet avantage. Le maintien de l’abattement laisse donc en suspens la question : comment compenser cette dépense fiscale dans un budget 2026 déjà contraint ?
