À Nice, l’aéroport change de dimension. Avec l’extension de son terminal 2, la plateforme azuréenne veut absorber un trafic déjà supérieur à son ancienne capacité théorique et se donner les moyens d’accueillir jusqu’à 18 millions de passagers par an.
Nice : l’aéroport change de dimension avec l’extension du terminal 2

À Nice, le sujet est simple : l’aéroport reçoit déjà plus de voyageurs qu’il ne pouvait en absorber confortablement. L’extension du terminal 2 n’a donc pas été lancée pour embellir la plateforme, mais pour éviter l’engorgement aux contrôles, à l’enregistrement, à l’embarquement et à l’arrivée des bagages. Elle accompagne aussi la croissance d’un aéroport devenu central pour le tourisme et l’économie de la Côte d’Azur.
L’aéroport de Nice veut sortir de la saturation
Le point de départ est simple : la capacité théorique des terminaux de Nice était fixée à 14 millions de passagers par an. Aéroports de la Côte d’Azur précise que ce plafond pouvait être dépassé, mais « dans des conditions de sécurité, de confort et de fluidité de plus en plus dégradées ». C’est cette limite que le chantier du terminal 2 devait repousser.
Le ministère des Transports a lui aussi résumé la situation au moment de l’inauguration. Dans sa note diffusée le 11 avril, il indique que l’équipement était « aujourd’hui saturé par le flux de passagers ». Le même document précise que la nouvelle extension doit porter la capacité d’accueil de l’aéroport à 18 millions de passagers annuels, contre 14 millions auparavant.
Cette montée en capacité répond à une hausse déjà visible du trafic. En 2025, l’aéroport Nice Côte d’Azur a accueilli 15,23 millions de passagers commerciaux, en hausse de 3,2% sur un an. Le nombre de mouvements d’avions commerciaux a progressé plus lentement, à +1,9%, pour atteindre 163.052. L’exploitant y voit l’effet d’appareils mieux remplis et de capacités plus importantes.
Autrement dit, Nice n’agrandit pas son terminal 2 pour accompagner une croissance hypothétique. L’aéroport cherche d’abord à remettre ses infrastructures au niveau du trafic qu’il traite déjà.
Terminal 2 : un chantier très concret
L’extension repose sur des ajouts très opérationnels. Aéroports de la Côte d’Azur mentionne 25.211 m² de surface de plancher, 9.900 m² d’emprise au sol, 36 banques d’enregistrement supplémentaires, un tri-bagages, 6 portes d’embarquement et de débarquement et 6 salles de pré-embarquement. Le terminal 2 gagne de la place et des équipements sur les points les plus sensibles du parcours aéroportuaire.
La logique du projet est assumée par l’exploitant. Sur sa page de présentation, le groupe explique qu’il a été décidé « d’augmenter la capacité de nos terminaux afin de pouvoir accueillir 18 millions de passagers annuels dans de bonnes conditions de conforts et de sécurité ». Le projet est présenté comme « un dimensionnement raisonnable » pour suivre une hausse du trafic jugée prévisible.
Ce point est important dans le débat local : l’extension a été réalisée sur l’emprise existante de l’aéroport. Aéroports de la Côte d’Azur met en avant « 0 artificialisation des sols » et rappelle que le calendrier du chantier a été adapté à la sensibilité écologique de l’embouchure du Var, classée Natura 2000.
Pourquoi Nice pousse le cap des 18 millions
L’agrandissement du terminal 2 s’inscrit dans une stratégie plus large de montée en puissance du réseau. Pour l’été 2026, l’aéroport annonce 130 destinations vers 47 pays, avec 10 nouvelles destinations et 15 liaisons long-courriers estivales. La plateforme parle du programme « le plus vaste de son histoire ».
Cette densité de desserte dit quelque chose du rôle pris par Nice dans le paysage français. Hors Paris, peu d’aéroports disposent d’une telle ouverture internationale. Le terminal 2 est donc aussi un outil de continuité : il doit permettre à la plateforme de soutenir l’élargissement de son réseau sans dégrader ses conditions d’exploitation.
L’aéroport défend également le poids économique de cette connectivité. Selon l’étude publiée en février 2026 par Aéroports de la Côte d’Azur et réalisée par BDO, les activités des aéroports de Nice et de Cannes Mandelieu ont généré en 2024 un impact de 2,8 milliards d’euros de contribution au PIB et 40.800 emplois. Pour la seule région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, la contribution est évaluée à 2,2 milliards d’euros de PIB et 30.750 emplois équivalents temps plein.
L’étude ajoute que les dépenses des visiteurs d’aviation commerciale atteignent 3,3 milliards d’euros, avec une contribution moyenne de 733 € par séjour. L’hôtellerie apparaît comme le premier secteur bénéficiaire, devant les loisirs et les compagnies aériennes.
Franck Goldnadel, président du directoire des Aéroports de la Côte d’Azur, résume cet argument ainsi : « En connectant directement leur territoire, enclavé, au monde entier, les Aéroports de la Côte d’Azur participent activement au dynamisme socio-économique de la Région Sud Provence – Alpes Côte d’Azur. »
Un projet déjà rattrapé par les débats sur le trafic
L’extension du terminal 2 ne met pas fin aux critiques sur la croissance du trafic aérien. L’aéroport répond sur deux terrains : l’absence de nouvelle piste et la baisse de ses émissions directes. En janvier 2026, le groupe indiquait que Nice était devenu « le premier aéroport français de sa catégorie à obtenir l’Airport Carbon Accreditation de niveau 5, le plus élevé et le plus exigeant ».
Mais sur le fond, le sujet reste le même : Nice traite davantage de passagers, développe son réseau et agrandit ses installations pour tenir le rythme. Le terminal 2 n’est donc pas un simple chantier d’image. C’est un investissement de capacité, avec une traduction immédiate dans l’organisation de la plateforme, dans la stratégie internationale de l’aéroport et dans le poids économique que la Côte d’Azur attache à sa desserte aérienne.
