L’Albanie se dote du premier ministre-IA au monde

L’Albanie vient d’entrer dans l’histoire politique mondiale avec la nomination de Diella, un « ministre » virtuel créé par intelligence artificielle, chargé de contrôler les marchés publics.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 12 septembre 2025 8h27
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2000 MILLIARDS $D'ici 2030, le marché de l'intelligence artificielle devrait représenter près de 2000 milliards de dollars

Le 11 septembre 2025, le Premier ministre albanais Edi Rama a annoncé que Diella, une entité générée par intelligence artificielle, devient officiellement ministre des marchés publics. Cette initiative inédite en Europe répond à une double ambition : combattre la corruption endémique et renforcer la crédibilité du pays sur la voie de son adhésion à l’Union européenne, prévue à l’horizon 2030.

Albanie : une ministre virtuelle au service des marchés publics

L’Albanie a choisi de confier à une intelligence artificielle une mission d’une importance capitale : surveiller l’intégralité des marchés publics. Cette IA, baptisée Diella, « soleil » en albanais, a pour mission de rendre chaque appel d’offres 100 % exempt de corruption. Edi Rama a affirmé que « Diella est le premier membre du gouvernement qui n’est pas présent physiquement, mais créé virtuellement par intelligence artificielle », selon ses propos relayés par BFMTV. L’outil est chargé de contrôler la dépense publique et de garantir la transparence dans un domaine longtemps marqué par le favoritisme et les détournements.

Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation numérique de l’administration. Diella opérait déjà depuis janvier sur la plateforme e-Albania, un portail destiné aux démarches administratives. Elle y a délivré près de 36 600 documents numériques et fourni environ 1 000 services en ligne. Cette expérience a servi de terrain d’expérimentation avant sa promotion ministérielle. L’objectif est désormais d’étendre son action à tous les appels d’offres nationaux, un champ crucial pour la crédibilité du gouvernement.

Objectifs affichés : la fin de la corruption

Le Premier ministre insiste sur la dimension politique et symbolique de cette nomination. L’intelligence artificielle doit incarner la rupture avec les pratiques opaques qui minent la vie publique. « Tous les appels d’offres publics seront exempts de corruption à 100 % et chaque denier public soumis à la procédure d’appel d’offres sera parfaitement transparent », a-t-il martelé. Ce discours s’inscrit dans le cadre des réformes exigées par Bruxelles, alors que Tirana espère intégrer l’Europe d’ici cinq ans.

Pour autant, les contours précis du dispositif restent flous. Reuters souligne que le gouvernement n’a pas détaillé les modalités de supervision humaine, ni les garde-fous destinés à éviter les abus ou les manipulations. Quant au transfert des pouvoirs, il sera progressif, selon The Guardian.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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