Après la décision du parquet de Paris de ne pas contester la validation du plan de restructuration d’Altice, les syndicats redoublent d’alerte. Ils redoutent une opération qui, derrière les chiffres, préparerait une vente de SFR et fragiliserait l’emploi.
Altice : la restructuration de la dette inquiète les syndicats

Le 20 août 2025, le parquet de Paris a confirmé qu’il ne formerait aucun appel contre la validation judiciaire du plan de restructuration d’Altice France. Si ce choix sécurise l’avenir financier du groupe, il suscite une opposition ferme des organisations syndicales, inquiètes des conséquences sociales et industrielles pour SFR, principal actif télécom de Patrick Drahi.
Altice : les syndicats dénoncent un plan financier aux conséquences sociales
Pour les représentants du personnel, l’absence de recours du parquet revient à verrouiller une opération jugée « déséquilibrée ». Le plan ramène la dette de 24,1 à 15,5 milliards d’euros, grâce à l’effacement de près de 8,6 milliards selon certaines sources, en échange de 45 % du capital cédé aux créanciers.
Ces mesures sont saluées par la direction comme une étape technique. « Le plan de sauvegarde est une opération exclusivement financière, sans aucun impact sur la vie opérationnelle, commerciale, sociale, du groupe », affirme Altice citée par BFMTV. Mais les syndicats n’y voient pas la même lecture. L’UNSA-Com et la CFDT ont déjà annoncé un appel contre le jugement, même si celui-ci n’a pas d’effet suspensif. Pour Olivier Lelong, représentant CFDT chez SFR, le danger est clair : « ces filiales-là ne sont pas endettées, n'ont jamais souscrit de crédit auprès des créanciers … mais c'est tout de même nous qui sommes garants du remboursement de ces dettes », relaye Europe 1. SFR, rentable et autonome, devient malgré elle une garantie pour la maison mère, ce qui fait peser le risque d’une cession forcée.
Une crainte persistante : la vente de SFR sur la table
Les inquiétudes ne se limitent pas à la dette. Pour plusieurs représentants, l’opération serait le prélude à un changement radical de stratégie. L’objectif final serait simple et clair : vendre SFR au mieux. Le scénario est jugé plausible compte tenu du poids que prendront les créanciers dans le capital.
Un tel mouvement serait lourd de conséquences. SFR compte plusieurs millions de clients et près de 10 000 salariés en France. Pour les syndicats, céder l’opérateur signifierait exposer ces emplois à des restructurations supplémentaires, dans un marché des télécoms déjà ultra-concurrentiel. L’appel annoncé par les organisations, bien que non suspensif, vise donc à maintenir la pression publique et politique. Le calendrier fixé reste inchangé : le plan de restructuration de la dette d’Altice doit entrer en vigueur le 1er octobre 2025, avec un règlement définitif à la mi-novembre. Mais les tensions sociales risquent d’accompagner chaque étape.
