Allocation de rentrée scolaire (ARS) 2025 : un amortisseur social face à une rentrée budgétairement tendue

À la veille du versement de l’allocation de rentrée scolaire, les regards se tournent vers ce dispositif d’ajustement budgétaire. Mais son impact macro-économique est-il à la hauteur des besoins croissants des ménages ?

By Alix de Bonnières Published on 18 août 2025 12h35
ARS
Allocation de rentrée scolaire (ARS) 2025 : un amortisseur social face à une rentrée budgétairement tendue - © Economie Matin
423,48L'ARS est de 423,48 euros pour les enfants de 6 à 10 ans.

Le mardi 19 août 2025, la CAF et la MSA verseront l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) à des millions de foyers français. Derrière ce transfert ponctuel de liquidités, c’est toute la question du pouvoir d’achat éducatif qui se pose, dans un contexte d’inflation persistante. Analyse économique d’une mesure sociale qui, bien que ciblée, reste contrainte dans ses effets.

Une injection annuelle de plus de 2 milliards d’euros

Chaque année, l’ARS représente une dépense publique avoisinant 2 milliards d’euros, selon les derniers chiffres de la Cnaf. Cette enveloppe est répartie entre trois tranches d’âge :

  • 423,48 euros pour les enfants de 6 à 10 ans,
  • 446,85 euros pour les 11 à 14 ans,
  • 462,33 euros pour les 15 à 18 ans (selon CAF.fr).

Cette redistribution vise les foyers sous un certain plafond de ressources, fixé à 28 444 euros pour un enfant, puis progressif par tranches. Ce seuil, indexé sur les revenus de 2023, ne tient cependant pas compte des hausses de prix intervenues depuis, ce qui en limite la portée corrective.

Des effets réels mais amortis sur la consommation

L’ARS est conçue comme une mesure de soutien ciblé à la consommation, sur un périmètre saisonnier. Pourtant, selon une étude de la Cnaf reprise par actu.fr, elle couvre moins de 30 % des dépenses totales liées à la rentrée, estimées à 1 315 euros par enfant. Près de 67 % des foyers interrogés affirment qu’ils auraient engagé ces dépenses malgré tout, en rognant sur d'autres postes budgétaires.

Cet arbitrage met en lumière les limites de l’ARS comme outil structurel. Son effet multiplicateur sur l’économie reste marginal : injectée dans des dépenses contraintes (vêtements, fournitures, cantine), elle génère peu d’effet d’entraînement.

Une mesure indexée, mais désynchronisée de l’inflation réelle

Revalorisée chaque 1er avril, l’ARS évolue selon un mécanisme d’indexation légale. Toutefois, cette actualisation annuelle crée un décalage temporel entre l'évolution des prix et le montant versé. En 2025, les revalorisations ont été modestes, alors que l’inflation sur les fournitures et vêtements scolaires a dépassé 4,1 % entre juin 2024 et juin 2025, selon INSEE.

Ce retard d’ajustement affaiblit la capacité de l’ARS à jouer son rôle d’amortisseur social, en particulier pour les familles mono-actives ou précaires. Le dispositif bénéficie donc davantage à court terme qu’en régulation structurelle. Cette aide est néanmoins bienvenue pour ces nombreux foyers.

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