Excès de vitesse : les radars vont contrôler votre assurance

L’assurance automobile entre dans une nouvelle ère. Depuis le 16 février 2026, les radars ne se contentent plus de sanctionner un excès de vitesse : ils peuvent désormais vérifier automatiquement si le véhicule flashé est bien couvert par une assurance.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 17 février 2026 6h14
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Excès de vitesse : les radars vont contrôler votre assurance - © Economie Matin
7%7% des accidents mortels en France impliquent un défaut d'assurance.

Le 16 février 2026 marque un tournant pour l’obligation d’assurance auto sur les routes de France avec l’annonce de la mise en place d’un dispositif permettant aux radars automatiques de contrôler l’assurance des véhicules flashés. Les automobilistes n’ont qu’à bien se tenir.

Assurance auto: un nouveau contrôle automatique en cas d’excès de vitesse

Concrètement, ce nouveau contrôle d’assurance s’active lorsqu’un conducteur est flashé à plus de 50 km/h au-dessus de la limite autorisée. Ainsi, un automobiliste circulant à 130 km/h sur une route limitée à 80 km/h pourra faire l’objet d’une double vérification : vitesse et assurance.

Le mécanisme repose sur le croisement automatique des données des radars avec le Fichier des Véhicules Assurés (FVA). Grâce à ce contrôle informatisé, l’État peut vérifier en quelques secondes si le véhicule dispose d’une assurance valide. Europe 1 précise que ce dispositif vise spécifiquement les cas les plus graves d’excès de vitesse, afin de cibler les comportements les plus dangereux au regard du Code de la route.

Ce contrôle d’assurance ne concerne donc pas tous les flashs radar. Il s’inscrit dans une logique de gradation des sanctions. Toutefois, il ouvre la voie à un élargissement possible du contrôle automatisé à l’avenir, si les autorités estiment le dispositif efficace. Bientôt des contrôles automatiques de l’assurance pour tous les véhicules ?

Sécurité routière : pourquoi cibler les conducteurs non assurés

L’assurance automobile est obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur. Pourtant, plusieurs centaines de milliers de conducteurs roulent sans couverture. Selon CNEWS, environ 515 000 personnes circuleraient sans assurance en France.

Ce phénomène n’est pas marginal. Il a un impact direct sur la sécurité routière. En 2024, 216 personnes ont été tuées dans un accident impliquant un véhicule non assuré, ce qui représente 7 % de la mortalité routière. Ces données montrent que l’absence d’assurance est souvent associée à des comportements à risque, la part des personnes non-assurées ayant des accidents étant supérieure à la moyenne. D’ailleurs, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) indique que « 4,8 % des véhicules impliqués dans des accidents corporels sont non assurés ».

Plus encore, selon une étude de l’ONISR de 2022 citée par CNEWS, « un automobiliste non assuré présente un risque quatre fois plus important d’être responsable d’un accident mortel ». Autrement dit, l’absence d’assurance n’est pas seulement un défaut administratif. Elle s’inscrit souvent dans un ensemble de transgressions du Code de la route, comme l’excès de vitesse ou le défaut de contrôle technique. Et la Sécurité routière rappelle que « le coût des dommages de la non-assurance reste supporté par les assurés et les contribuables ». En clair, les conséquences financières des accidents causés par des conducteurs sans assurance pèsent sur la collectivité. Le contrôle automatisé vise donc aussi à limiter cette charge.

Assurance : ce que risquent les automobilistes

Le nouveau dispositif ne crée pas une nouvelle obligation d’assurance. Celle-ci existe déjà. En revanche, il renforce considérablement les moyens de contrôle. Désormais, lorsqu’un radar constate un excès de vitesse supérieur à 50 km/h, il peut déclencher en parallèle une vérification de l’assurance via le FVA. Si le véhicule apparaît comme non assuré, l’automobiliste s’expose à des sanctions pénales. Le défaut d’assurance constitue un délit. Il peut entraîner une amende pouvant atteindre 3 750 euros, ainsi que des peines complémentaires prévues par le Code de la route, comme la suspension ou l’annulation du permis de conduire.

À cela s’ajoute la sanction liée à l’excès de vitesse lui-même. Un dépassement de plus de 50 km/h au-dessus de la limite autorisée entraîne déjà une amende, un retrait de points et, souvent, une suspension administrative du permis. Le conducteur concerné peut donc cumuler deux procédures distinctes : l’une pour la vitesse, l’autre pour l’absence d’assurance.

Ce cumul renforce la portée dissuasive du système. D’un côté, le radar sanctionne le comportement dangereux. De l’autre, le contrôle d’assurance vise à empêcher qu’un conducteur déjà en infraction grave ne circule sans couverture, exposant ainsi les victimes potentielles à des démarches longues et complexes d’indemnisation.

Une étape supplémentaire dans l’automatisation des contrôles ?

Depuis plusieurs années, la politique de sécurité routière mise sur l’automatisation. Les radars ont progressivement évolué : vitesse, feux rouges, franchissement de passages à niveau, puis contrôle technique. Désormais, l’assurance rejoint cette liste grâce au recours au Fichier des Véhicules Assurés qui rend possible cette évolution. Ce fichier, alimenté par les compagnies d’assurance, permet de savoir si un véhicule est couvert à une date donnée. En croisant automatiquement les plaques d’immatriculation relevées par les radars avec cette base de données, l’État renforce la traçabilité des infractions.

Toutefois, cette évolution soulève aussi des questions sur l’extension future du contrôle. Pour l’instant, il reste limité aux excès de vitesse supérieurs à 50 km/h. Mais l’intégration progressive de l’assurance dans les systèmes automatisés montre que la lutte contre la non-assurance devient une priorité affichée de la sécurité routière.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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