L’industrie automobile européenne vit une transformation majeure. Pendant longtemps, le schéma était linéaire : un véhicule était produit, vendu, puis détenu par son propriétaire. Aujourd’hui, cette logique s’érode : la mobilité se pense de plus en plus en termes d’usage plutôt que de possession.
L’automobile change de modèle : la logistique devient décisive

Abonnements, location courte durée, flottes partagées, covoiturage : les formats se multiplient… et, mécaniquement, les achats traditionnels reculent. Une étude menée par ONLOGIST et Deloitte illustre cette tendance : d’ici 2035, la demande de solutions de mobilité centrées sur l’usage pourrait progresser d’environ 68 % en Europe, alors que les ventes classiques de véhicules chuteraient d’environ 40 %.
Pour les constructeurs, réseaux de distribution et acteurs de la mobilité, ce n’est plus un futur hypothétique : c’est un changement déjà à l’œuvre, qui oblige à repenser les modèles opérationnels et les organisations.
Or, un élément reste souvent sous-estimé dans cette transition : la logistique. Alors qu’elle conditionne directement l’agilité et la qualité de service attendues par les nouveaux usagers.
Plus d’usage, c’est aussi… plus de mouvements
Le passage à l’usage intensifie un effet très concret : les véhicules bougent davantage, beaucoup plus souvent qu’avant. Ils changent d’utilisateur, de lieu, de fonction, et nécessitent des transferts permanents : réaffectation, repositionnement, préparation, maintenance, redistribution.
Pour les décideurs, cela crée une nouvelle réalité : on ne peut plus s’appuyer uniquement sur des cycles longs et une planification stable. Il faut désormais arbitrer vite :
-
Où positionner les véhicules demain ?
-
Quelles capacités anticiper pour la semaine prochaine ?
-
Comment absorber les pics sans épuiser les équipes ?
Les chiffres sont parlants : selon l’étude Deloitte, depuis 2021, les trajets directs en véhicule ont progressé de 175 % dans le monde. Plus marquant encore : les transferts internes entre sites ont bondi de 274 %, représentant désormais près de 39 % du volume total.
Autrement dit : la logistique n’est plus un simple support. Elle devient la charpente des nouveaux modèles de mobilité. Pourtant, dans beaucoup d’entreprises, elle reste encore gérée à la main, en silos, avec une visibilité limitée — ce qui génère surcoûts, tensions internes et insatisfaction côté clients.
D’une contrainte budgétaire à un levier de création de valeur
La logistique automobile est encore trop souvent abordée uniquement sous l’angle de la dépense à contenir. Or, lorsqu’elle est pensée comme une fonction stratégique, elle peut devenir un levier de création de valeur.
Les plateformes logistiques numériques comme ONLOGIST démontrent déjà qu’automatisation, pilotage intelligent et planification fondée sur la donnée peuvent réduire les coûts jusqu’à 30 %, tout en améliorant le niveau de service : délais plus courts, meilleure traçabilité, exécution plus fiable.
Concrètement, une logistique maîtrisée a un impact direct sur des indicateurs clés :
• diminution des pertes et incidents opérationnels, et équipes soulagées ;
• hausse du taux d’utilisation des flottes et baisse des temps d’immobilisation ;
• décisions plus rapides et mieux informées grâce à une transparence renforcée.
Dans un marché volatil, c’est précisément ce type de capacité d’adaptation qui fait la différence.
La digitalisation comme condition du passage à l’échelle
L’un des enseignements majeurs de l’étude est clair : les outils informatiques classiques et fragmentés atteignent leurs limites. Pour répondre à l’explosion des flux, les entreprises doivent se tourner vers des solutions capables de connecter la logistique aux ERP, à la gestion de flotte… et, de plus en plus, à des briques d’intelligence artificielle.
Déjà, l’IA permet d’améliorer :
-
la prévision des besoins de transfert,
-
la planification des ressources de transport et des véhicules,
-
l’optimisation des itinéraires,
-
l’automatisation de la communication opérationnelle,
-
la réduction des trajets inutiles et des goulots d’étranglement.
Résultat : les équipes se concentrent sur les décisions à forte valeur ajoutée, les risques diminuent, et l’organisation gagne en stabilité malgré un marché instable. La digitalisation n’est pas un “plus” technologique : c’est un moyen de reprendre la maîtrise.
Ne pas oublier l’essentiel : les équipes
Même dans une logistique automatisée, un facteur reste décisif : les personnes. Chaque mouvement de véhicule impacte l’expérience client, mais aussi le quotidien des collaborateurs en interne.
Des processus clairs, une visibilité en temps réel et des méthodes fiables ne servent pas seulement la performance : ils améliorent aussi l’efficacité et l’engagement des équipes. À ce titre, la logistique n’est pas uniquement un enjeu de transport : c’est aussi un enjeu de management.
Vers la mobilité de demain
Le secteur automobile ne traverse pas une simple évolution, mais une véritable mutation structurelle. La mobilité devient plus flexible, plus dynamique et davantage tournée vers le service. Dans cet environnement, la logistique devient un moteur silencieux mais déterminant.
Les entreprises qui continueront à la considérer comme un simple centre de coûts prendront du retard. Celles qui la pensent comme un enjeu stratégique — en l’intégrant, en la digitalisant et en la mettant au service du client — se donneront au contraire les moyens de croître durablement dans cette nouvelle ère.
L’avenir de la mobilité ne se décide pas uniquement sur la route : il se construit dans les processus qui rendent cette mobilité possible.
