Le géant de la réservation en ligne Booking est dans le viseur de la répression des fraudes en France. Celle-ci lui reproche des « pratiques restrictives de concurrence » vis-à-vis de plusieurs hôteliers. Le montant de l’amende dépasse les 50 millions d’euros.
Concurrence : Booking risque une énorme amende en France

Booking épinglé sur la question de la concurrence
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a exigé de Booking une révision complète de ses conditions contractuelles, jugées abusives à l’égard des hôteliers français. La plateforme est accusée de pratiques restrictives de concurrence, en infraction avec le règlement européen et le Code du commerce. L'administration française donne à l’entreprise néerlandaise jusqu’au 31 décembre 2025 pour se mettre en conformité. À défaut, Booking pourrait être soumise à une astreinte journalière dont le montant cumulé pourrait atteindre la somme astronomique de 69,35 millions d’euros. La menace est on ne peut plus claire.
Les griefs formulés par la DGCCRF s’articulent autour de plusieurs violations. La transparence imposée par la réglementation de Bruxelles semble avoir été contournée. Les conditions générales de la plateforme ne garantissent pas, selon l’enquête, une accessibilité claire aux informations contractuelles pour les hôteliers. Ces derniers seraient également soumis à des clauses créant un déséquilibre manifeste dans leurs obligations, ce qui est contraire au Code du commerce. L’administration précise que le fait d’entraver la liberté commerciale et tarifaire des partenaires constitue une entorse grave à la réglementation en vigueur.
De surcroît, Booking n’aurait pas respecté les exigences relatives à la notification des modifications contractuelles sur un support durable. La DGCCRF souligne également que la plateforme doit, dans ses conditions générales, expliquer les paramètres déterminant le classement des offres, en indiquant l’importance respective de ces critères. En cas de suspension ou de résiliation de compte, l’obligation d’exposer les motifs aux entreprises concernées serait également ignorée.
Booking se défend mais reste sous pression
Booking, dont le siège est situé aux Pays-Bas, conteste les conclusions de l’enquête. La plateforme affirme être en désaccord avec les résultats de l’analyse menée par la DGCCRF. Toutefois, elle indique avoir pleinement collaboré avec les autorités françaises et déclare travailler à dissiper toutes les préoccupations. Dans un communiqué, la société précise s’être engagée à répondre aux exigences de la DGCCRF tout en poursuivant sa mission de soutien à la demande touristique pour ses partenaires d’hébergement en France.
Cette affaire s’inscrit dans un climat tendu entre les grandes plateformes numériques et les hôteliers indépendants, qui dénoncent depuis plusieurs années une relation commerciale déséquilibrée. Commissions jugées excessives, modifications unilatérales des conditions de partenariat, opacité algorithmique : les reproches sont multiples. En Suisse, Booking a récemment dû abaisser ses commissions à la suite d’interventions réglementaires. En Espagne, le gouvernement a contraint la plateforme à retirer des milliers d’annonces jugées non conformes.
