Chaleur en plein hiver : pourquoi la France bat des records en février

La chaleur s’est invitée en plein cœur de l’hiver. Partout en France, le thermomètre a grimpé à des niveaux dignes d’un mois d’avril, voire de mai, battant localement des records pour un mois de février. Un épisode spectaculaire qui illustre, une nouvelle fois, l’intensification du réchauffement climatique.

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By Aurélie Giraud Published on 25 février 2026 10h08
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Des températures dignes d’un mois d’avril ont été enregistrées dans plusieurs régions françaises. - © Economie Matin
28,3°CTempérature relevée à Orthez en février, nouveau record local pour ce mois d’hiver.

Alors que l’hiver météorologique n’est pas terminé, la France connaît une séquence de douceur exceptionnelle. Selon Météo-France, un flux de sud-ouest associé à des conditions anticycloniques a favorisé la remontée d’air subtropical sur le pays, provoquant une envolée des températures bien au-delà des normales de saison. Dans certaines régions du Sud-Ouest, les valeurs observées ont frôlé les 30°C, un niveau rarissime en février.

Chaleur en février : des records battus dans le Sud-Ouest

L’épisode a particulièrement marqué le Sud-Ouest. D’après les relevés relayés par Franceinfo, près de 30°C ont été recensés localement, établissant de nouveaux records mensuels.

À Orthez (Pyrénées-Atlantiques), le thermomètre a atteint 28,3°C, dépassant le précédent record de chaleur de février. À Biarritz, Pau ou encore Mont-de-Marsan, les 25°C à 27°C ont été atteints, soit jusqu’à 14°C au-dessus des normales saisonnières. Des valeurs que l’on observe habituellement au printemps avancé.

Dans son bulletin intitulé « Météo : un avant-goût de printemps cette semaine », Météo-France souligne que « les températures maximales dépassent fréquemment les 20°C sur une large partie du pays ». L’organisme précise également que ces niveaux sont « très au-dessus des normales pour un mois de février », confirmant le caractère exceptionnel de la situation.

À Paris, les maximales se sont rapprochées des 20°C, tandis que de nombreuses villes du centre et de l’ouest ont franchi le seuil des 18°C. L’amplitude thermique observée sur l’ensemble du territoire illustre la portée nationale de l’événement.

Une configuration atmosphérique favorable à la douceur

Cet épisode de chaleur hivernale s’explique par une configuration météorologique bien identifiée. Un anticyclone positionné sur l’Europe centrale, combiné à une dépression atlantique, a installé un flux de sud-ouest persistant. Résultat : des masses d’air douces en provenance de la péninsule Ibérique et du Maghreb ont gagné la France.

Selon Météo-France, cette circulation atmosphérique favorise non seulement des températures élevées en journée, mais également des nuits anormalement douces. Dans certaines villes, les minimales sont restées supérieures de 8 à 10°C aux moyennes saisonnières.

Si des épisodes de douceur en février ne sont pas inédits, leur intensité et leur fréquence semblent s’accroître. « Cet épisode s’inscrit dans un contexte de températures moyennes en hausse », rappelle l’établissement public, qui observe une multiplication des événements thermiques atypiques ces dernières années.

Réchauffement climatique : une tendance de fond

Au-delà du caractère spectaculaire de cet épisode, la question climatique s’impose. La France a déjà enregistré plusieurs années consécutives parmi les plus chaudes depuis le début des mesures. Les anomalies positives deviennent plus fréquentes, y compris en hiver.

Le réchauffement global modifie la probabilité d’occurrence des vagues de chaleur précoces. Les scientifiques parlent d’« amplification des extrêmes ». Autrement dit, les situations météorologiques favorables à la douceur produisent désormais des températures plus élevées qu’auparavant.

Les conséquences ne sont pas neutres. En agriculture, des températures élevées en février peuvent provoquer un démarrage précoce de la végétation, exposant ensuite les cultures au risque de gel tardif. Dans le secteur de l’énergie, la baisse de la demande de chauffage entraîne des ajustements rapides sur les marchés. Quant au tourisme, les stations de moyenne montagne, déjà fragilisées par le manque d’enneigement, subissent de plein fouet ces anomalies thermiques.

Une France déboussolée par un hiver printanier

Dans les rues, les terrasses se sont remplies comme au printemps. Ce contraste avec les semaines précédentes, marquées par les intempéries et les crues, renforce l’impression d’un climat déréglé.

Pour autant, les météorologues appellent à la prudence : un épisode doux en février ne signifie pas la fin de l’hiver. Des retours de froid restent possibles jusqu’en mars, voire en avril. La variabilité météorologique demeure une réalité.

Mais la répétition de ces records interroge. Chaque nouvel épisode alimente le débat sur l’adaptation des infrastructures, de l’agriculture et des politiques publiques à un climat en mutation rapide. La chaleur observée en février n’est plus seulement une curiosité statistique : elle devient un indicateur concret d’un changement structurel.

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Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice dans l’édition.

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