Découvrez quel est le Chatbot le plus antisémite

L’antisémitisme s’invite désormais au cœur des débats sur l’intelligence artificielle. Une étude récente de l’Anti-Defamation League révèle un classement inédit des principaux chatbots mondiaux. Derrière les promesses technologiques, certains systèmes laissent passer, voire reformulent, des propos antisémites.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 29 janvier 2026 13h24
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Le 28 janvier 2026, l’ADL publie un rapport consacré à l’antisémitisme dans les chatbots grand public. L’organisation a évalué plusieurs outils d’intelligence artificielle devenus centraux dans l’accès à l’information. Objectif affiché : mesurer leur capacité à détecter, refuser ou corriger des propos antisémites. Ce classement met en lumière des écarts considérables entre les modèles, et relance un débat déjà brûlant sur la modération algorithmique.

Antisémitisme et intelligence artificielle : la méthodologie du classement ADL

L’ADL a soumis six chatbots majeurs à une batterie de tests centrés sur l’antisémitisme. Pendant plusieurs semaines, les chercheurs ont simulé environ 25 000 interactions, selon l’organisation, afin d’évaluer la manière dont chaque intelligence artificielle réagit à des propos antisémites explicites, codés ou complotistes. Les questions posées reproduisaient des discours courants observés en ligne, notamment des négations de la Shoah ou des stéréotypes antijuifs. Ce classement repose sur une notation sur 100 points, intégrant la détection, la réfutation et le refus de réponse.

Cependant, l’ADL souligne que l’antisémitisme ne se limite pas à l’insulte directe. Ainsi, l’étude intègre aussi la capacité des chatbots à contextualiser l’histoire et à déconstruire les récits haineux. Daniel Kelley, directeur au sein du centre technologique de l’ADL, explique que l’objectif était d’identifier « un modèle capable de résister à l’antisémitisme tout en informant correctement l’utilisateur », a-t-il déclaré à The Verge. Cette approche globale distingue ce classement d’analyses antérieures, souvent limitées à la simple modération lexicale.

Grok, ChatGPT, Claude : qui est le plus antisémite ?

Les résultats placent le chatbot Grok, développé par xAI propriété d’Elon Musk, en dernière position du classement. Avec seulement 21 points sur 100, Grok apparaît comme le plus perméable à l’antisémitisme. Selon l’ADL, l’intelligence artificielle a fréquemment répondu à des propos antisémites sans les contredire clairement, voire en les reformulant. Plusieurs médias, dont The Hill, rapportent que Grok échoue régulièrement à identifier des stéréotypes pourtant largement documentés.

À l’inverse, le chatbot Claude, conçu par Anthropic, obtient le meilleur score du classement, avec environ 80 points sur 100. L’ADL note que cette intelligence artificielle refuse la majorité des propos antisémites et fournit des réponses pédagogiques lorsqu’une contextualisation est possible. Entre ces deux extrêmes, ChatGPT d’OpenAI et Gemini de Google affichent des performances intermédiaires. Ils détectent l’antisémitisme explicite, mais restent plus hésitants face aux formulations détournées.

Tous les Chatbots sont perméables à l’antisémitisme

Au-delà du classement, l’ADL insiste sur un constat transversal : aucun chatbot n’est totalement fiable face à l’antisémitisme. Même les modèles les mieux notés laissent subsister des failles. Cette réalité inquiète les observateurs, car ces outils d’intelligence artificielle sont massivement utilisés pour s’informer. Lorsque des propos antisémites ne sont pas corrigés, ils risquent d’être perçus comme légitimes par l’utilisateur, rappelle l’organisation.

Par conséquent, l’ADL appelle les entreprises technologiques à renforcer leurs garde-fous. L’organisation estime que le classement doit servir d’électrochoc. Dans une déclaration reprise par The Verge, ses responsables soulignent que « l’antisémitisme ne peut être traité comme un simple bug ». À mesure que l’intelligence artificielle devient prescriptrice de savoir, sa responsabilité face aux propos haineux s’accroît.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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