Climat : 2025, troisième année la plus chaude selon Copernicus

2025 se classe troisième année la plus chaude jamais mesurée, juste derrière 2024 et 2023, selon les données de Copernicus. Un rang qui confirme la répétition d’années exceptionnellement élevées en température, à l’échelle mondiale comme en Europe.

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By Aurélie Giraud Published on 14 janvier 2026 11h58
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2024 a été l’année la plus chaude, avec une température moyenne de 15,1 °C, suivie de 2023 avec 14,98 °C. - © Economie Matin

Au-delà du classement, les données publiées par Copernicus permettent de situer 2025 par rapport aux références climatiques, de comprendre les facteurs mis en avant par les scientifiques et de mesurer ce que cette série d’années très chaudes implique déjà, très concrètement, pour des secteurs exposés comme l’énergie, l’eau, l’agriculture ou l’assurance.

Chaleur : 2025 valide un nouveau "standard" climatique

L'année 2025 arrive sur la troisième marche du podium mondial. Le service Copernicus, opéré par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), estime la température moyenne globale de 2025 à 14,97°C, soit +1,47°C par rapport au niveau préindustriel (1850-1900). Et surtout, l’écart avec 2023 se joue à presque rien : 0,01°C de moins. 

Ce n’est pas qu’une affaire de statistiques. Copernicus souligne aussi un seuil à forte portée politique et économique : la moyenne 2023-2025 dépasse pour la première fois +1,5°C au-dessus du préindustriel sur trois ans. Autrement dit, la trajectoire s’inscrit dans la durée, avec des conséquences qui ne se limitent plus à des épisodes ponctuels. 

Dans ce contexte, l’ECMWF rappelle que “la décennie” bascule : « Ce rapport confirme que l’Europe et le monde traversent la décennie la plus chaude jamais enregistrée », déclare son directeur général Florian Pappenberger. 

Troisième année la plus chaude également en Europe

Le phénomène n’épargne pas le continent. En Europe, 2025 est aussi la troisième année la plus chaude, avec une température moyenne de 10,41°C, soit +1,17°C au-dessus de la référence 1991-2020 (et 0,30°C sous 2024). 

Derrière ces valeurs, une réalité opérationnelle : la chaleur perturbe la chaîne de valeur. Elle agit sur la productivité (travail extérieur, logistique, chantiers, agriculture), sur la consommation (pics d’électricité liés au refroidissement), sur la santé (absentéisme, pression sur les systèmes de soins), et sur l’assurance (sinistres, réassurance, renchérissement de la couverture). Le tout, avec un effet “ciseau” : les coûts montent pendant que certaines activités deviennent plus volatiles.

Copernicus met aussi en avant un signal moins intuitif que la moyenne annuelle : la fréquence des journées réellement pénibles à vivre et à travailler. En 2025, environ la moitié des terres émergées a connu plus de jours qu’en moyenneavec au moins un épisode de fort stress thermique, un indicateur qui reflète la chaleur ressentie (il intègre notamment l’humidité, le vent et le rayonnement). Autrement dit, au-delà d’une année “chaude” sur le papier, ce sont surtout davantage de journées critiques qui s’ajoutent au calendrier — celles où l’on doit adapter les horaires, renforcer les consignes de sécurité ou revoir l’organisation sur le terrain.

Réchauffement climatique : deux moteurs, et une addition qui grimpe

Pourquoi ce triptyque 2023-2024-2025 ? Copernicus met en avant une combinaison : l’accumulation des gaz à effet de serre et des températures océaniques exceptionnellement élevées. Dans la lecture des scientifiques, le point clé est que 2025 reste très chaude même lorsque certains facteurs naturels sont moins favorables à une surchauffe rapide.

Sur ce point, Copernicus insiste sur la tendance de fond. Le directeur de CAMS (service Copernicus de surveillance de l’atmosphère), Laurence Rouil, résume ainsi la hiérarchie des causes : « Les données atmosphériques de 2025 dressent un constat clair : l’activité humaine demeure le facteur principal des températures exceptionnellement élevées que nous observons. » 

Pour les décideurs, l’enjeu devient surtout méthodologique : ces séries d’années très chaudes invitent à traiter la météo extrême comme un paramètre récurrent de planification, plutôt qu’un événement rare. Pour les entreprises, cela se traduit par un besoin accru de scénarios et de marges de sécurité dans les prévisions (énergie, eau, continuité d’activité) face à une variabilité plus difficile à anticiper.

Le cap des +1,5°C “de long terme” se rapproche

Copernicus envoie aussi un message de calendrier : au-delà du rang de 2025, le rapport situe le réchauffement de long terme autour de 1,4°C et indique que la barre des 1,5°C “de long terme” pourrait être atteinte d’ici la fin de la décennie si le rythme actuel se poursuit. Le niveau se rapproche ainsi d’une nouvelle moyenne de référence. Cette nuance compte, car elle change la façon de lire les chiffres : les variations d’une année à l’autre restent possibles, mais la trajectoire de fond réduit progressivement la “marge” entre une année simplement chaude et une année très chaude, et augmente la probabilité de séquences prolongées de températures élevées.

Dans le rapport, Carlo Buontempo, directeur du C3S (Copernicus Climate Change Service), insiste justement sur le fait qu’il ne faut pas interpréter un classement annuel comme un retour à la normale : « Ce constat apporte une preuve supplémentaire de la tendance incontestable vers un climat plus chaud. » Autrement dit, le signal principal n’est pas seulement la place de 2025 dans le podium, mais la continuité de la série et la proximité temporelle d’un cap qui devient crédible à l’échelle de quelques années, pas de plusieurs décennies.

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Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice dans l’édition.

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