Alors que la neige et le verglas paralysent une partie du pays, le droit des travailleurs est brutalement mis à l’épreuve. Ce mardi 6 janvier 2026, des dizaines de départements sont placés en vigilance orange, les routes deviennent impraticables et les transports s’interrompent. Mais face à ces conditions, que dit réellement le droit du travail sur l’obligation de se rendre au travail, les absences, les retards et les risques de sanction ?
Droit du travail : peut-on refuser d’aller au travail en cas de neige ?

Ce mardi 6 janvier 2026, la France fait face à un épisode hivernal majeur, avec 26 départements placés en vigilance orange neige-verglas selon Météo-France. Dans ce contexte tendu, le droit du travail est au cœur des inquiétudes des salariés, pris entre impératifs de sécurité, contraintes d’emploi et exigences des employeurs, alors même que la loi ne prévoit aucun “jour neige” automatique.
Le droit des travailleurs face à l’impossibilité de se rendre au travail en cas de neige
Lorsque la neige rend les routes impraticables, le droit du travail ne laisse pourtant aucune place à l’improvisation. En principe, le salarié reste tenu de se rendre à son travail. Cependant, dès lors que les conditions météorologiques rendent le déplacement objectivement dangereux ou impossible, le droit reconnaît une impossibilité légitime. Ainsi, selon RTL, une absence ou un retard causé par des routes bloquées ou des transports interrompus ne constitue pas une faute disciplinaire, à condition que le salarié prévienne son employeur et démontre sa bonne foi, a expliqué Gaïd Perrot, avocate en droit du travail.
Néanmoins, le droit reste strict. Il n’existe aucune présomption automatique d’absence justifiée. Autrement dit, la neige ne dispense pas par principe de se rendre au travail. La règle générale demeure celle du pas de travail, pas de salaire. En conséquence, le salarié doit démontrer que son emploi ne pouvait être rejoint dans des conditions normales de sécurité. À défaut, l’employeur pourrait considérer l’absence comme injustifiée, même en période de vigilance orange neige-verglas.
Rémunération : ce que dit la loi en cas d’absence liée aux intempéries
Sur le terrain de la rémunération, le droit du travail se montre particulièrement sévère. Selon le site officiel Service-public.fr, une absence ou un retard lié à la neige n’ouvre pas automatiquement droit au maintien du salaire. En effet, même lorsque l’absence est légitime, l’employeur n’est pas tenu de rémunérer les heures non travaillées, sauf disposition plus favorable prévue par une convention collective ou un accord d’emploi. Cette règle s’applique quel que soit le niveau de vigilance météo, y compris lors d’épisodes classés orange par Météo-France.
Cependant, le droit encourage des solutions alternatives. Toujours selon Service-public.fr, l’employeur peut proposer un rattrapage des heures perdues, l’utilisation de congés payés ou de RTT, voire le recours au télétravail lorsque la nature du travail le permet. Cette flexibilité reste toutefois à l’initiative de l’employeur et ne constitue jamais une obligation légale. Par ailleurs, dans le secteur du BTP, un régime spécifique s’applique : le chômage intempéries. Dans ce cas précis, l’arrêt du chantier pour cause de neige ouvre droit à une indemnisation équivalente à 75 % du salaire horaire brut.
Neige, sécurité et droit de retrait : jusqu’où peut aller le salarié ?
Face à un danger grave et immédiat, le droit du travail prévoit une ultime protection : le droit de retrait. Toutefois, ce mécanisme reste strictement encadré. Selon les analyses relayées par la CFDT, un salarié peut invoquer ce droit uniquement si la situation présente un danger sérieux pour sa sécurité, par exemple lorsque la neige et le verglas rendent tout déplacement impossible ou exposent à un risque manifeste d’accident. Là encore, la bonne foi du salarié demeure centrale dans l’appréciation juridique.
En pratique, le droit impose une appréciation au cas par cas. Comme l’a rappelé Gaïd Perrot sur RTL, “dans votre entreprise, si vous êtes le seul à ne pas vous rendre au travail, c’est suspect”, soulignant que la situation individuelle doit être cohérente avec le contexte collectif. Même en période de forte neige, le travail reste juridiquement exigible si d’autres salariés parviennent à rejoindre leur emploi sans difficulté majeure.
