COM’ et politique : des abus néfastes à la crédibilité du message

La communication politique s’est substituée à l’information argumentée, privilégiant l’image et le « paraître » au détriment de la substance. Journalistes, réseaux sociaux et experts politiques amplifient cette dérive, créant un débat public parasité par les slogans et la manipulation. Seule l’honnêteté et la conviction peuvent restaurer la confiance.

Image Jacques M
By Jacques Martineau Published on 25 août 2026 6h00
Comment améliorer la communication dans votre entreprise ?
COM’ et politique : des abus néfastes à la crédibilité du message - © Economie Matin

Auparavant, nos hommes politiques étaient plus habitués à informer qu'à communiquer. Depuis des années, les pouvoirs en place, tant en France qu'à l'étranger, ont toujours choisi la solution facile devant la complexité des sujets à traiter pour présenter le tout avec les apparats indispensables devant la presse et les citoyens. La communication, grâce au « tout prêt » de l'Intelligence artificielle, a tendance à se substituer à une véritable information politique argumentée faisant suite à une décision, issue d'une consultation, d'un dialogue, d'une concertation.

Le « paraître » pour convaincre, une priorité abusive de la « COM' »

Le texte, contenu qui correspond aux mots pour passer le message à transmettre, se limite à un « ChatGPT » remanié, bien documenté. Quelques mots clés, le tour est joué. Un modèle avancé de l'IA se suffit. En revanche, le « culte de l'image » est désormais essentiel. Il occupe une place prépondérante. C'est de la « COM' » souvent abusive. Le « paraître » pour convaincre est devenue une priorité. Les « tweets », les « vidéos » et les « selfies », maîtrisés par le communiquant, y trouvent leur compte. La politique « spectacle » occupe les magazines, les écrans, les radios et les réseaux sociaux. En conséquence, les sondages d'opinion, exploitables à « toutes les sauces », sont les références et tiennent le « haut du pavé ».

Trouver ou provoquer les opportunités de communiquer

Les « rendez-vous » officiels programmés ou non trouvent leur place dans la presse, écrite ou audio-visuelle. Le Chef de l'État par son statut est hors catégorie. Le Premier ministre comme les autres membres du gouvernement, bénéficient de toutes les tribunes nécessaires, pour leurs allocutions et leurs interventions. L'opposition a la charge de trouver elle-même ses propres créneaux d'expression.

L'Exécutif, les Parlementaires, majorité et opposition, se délectent de tous ces modes de « fausse » communication. On les qualifie de « fake news ». Le mot « mensonge » ne fait plus partie du vocabulaire. Au-delà des flagorneries d'une presse servile, le « couac » ou le « parler pour ne rien dire » décrédibilisent le propos. Le « dit », le « non-dit », la « langue de bois » comme le « silence » avéré, font redouter la « manipulation » et la « démagogie ». Parler d'objectivité devient un « leurre ».

Le résultat se traduit par des interprétations contradictoires à l'origine de conflits. La décision « directe » officielle dérange quand elle est mal ou pas du tout expliquée. Les différents mouvements sociaux, salariés, syndicats et patronat, témoignent régulièrement leurs incompréhensions et de leurs mécontentements avec des manifestations, des blocages et des grèves. Comment faire le tri entre le vrai, le promis sans suite, le faux ou le sous-entendu ? Trop de COM' n'est pas la meilleure façon de convaincre !

Le rôle et l'influence de la presse et des outils de communication…

Au-delà de la presse d'opinion sur laquelle il s'appuie, le politique doit convaincre et mettre en cause ses adversaires, quitte à tromper l'opinion publique. Les journalistes, les éditorialistes et les nombreux pseudo-experts « politiques », toutes tendances confondues reprennent en boucle les slogans et complètent le décor au travers d'une analyse sémantique exacerbée des textes. La notion de discussions en « off » autorise aussi d'autres interprétations.

Les réseaux sociaux, Facebook, X, Instagram, etc., se chargent d'apporter leurs propres commentaires acérés. Ils complètent un pseudo-débat citoyen en coulisses que les médias, radios, TV et chaines d'info en continu ne manquent pas de relayer à nouveau pour faire de l'audience.

En conclusion

Les moyens de communication font maintenant partie des données. Ils enrichissent ou faussent le message et quelque part le débat. Le plus important pour assurer sa crédibilité demeure la conviction dans les propos et l'honnêteté dans les faits. La confiance et la considération ont toujours été les meilleures alliées.

La communication des politiques et des médias, perturbée et déformée, fait partie du débat démocratique. Les politiques assument la totale responsabilité de l'« absence » de communication, de « communiquer sans agir » ou bien d'« agir sans communiquer ». Mais attention, plus personne n'est dupe. Et c'est le choix du Politique que de s'affranchir ou non de ce mal chronique. L'addiction permanente sans limite décrédibilisent totalement la sincérité du propos.

Image Jacques M

Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.

No comment on «COM’ et politique : des abus néfastes à la crédibilité du message»

Leave a comment

* Required fields