CPF : l’utilisation désormais plafonnée à 1.500 euros par formation

Le gouvernement vient de mettre en place un nouveau plafonnement du CPF dès ce jeudi. Les droits mobilisables pour une formation seront désormais limités à 1.500 euros. Explications et impacts pour les salariés.

Jean Baptiste Le Roux
By Jean-Baptiste Le Roux Published on 25 février 2026 12h13
Le gouvernement met en place un nouveau plafonnement du CPF dès ce jeudi. Les droits mobilisables pour une formation seront désormais limités à 1.500 euros. CPF
Le gouvernement met en place un nouveau plafonnement du CPF dès ce jeudi. Les droits mobilisables pour une formation seront désormais limités à 1.500 euros. CPF - © Economie Matin

Le CPF change de règles : un tournant pour la formation professionnelle

Dès ce jeudi, le dispositif CPF entre dans une nouvelle phase. Un décret récemment publié au Journal officiel confirme l’instauration d’un plafond strict pour les financements de formations. Alors que, jusqu’ici, les titulaires du compte pouvaient mobiliser l’intégralité de leurs droits cumulés, ils devront désormais composer avec une limite fixe, quelle que soit la somme disponible sur leur compte.

Ce changement marque une évolution profonde du modèle initial. Le CPF, conçu pour offrir une grande autonomie dans le choix des formations, devient un outil davantage encadré pour maîtriser les dépenses publiques. Le gouvernement justifie cette orientation par un objectif de stabilité budgétaire et de recentrage des financements sur les besoins les plus prioritaires, tout en rappelant la forte progression des coûts liés au dispositif ces dernières années.

Un plafond uniforme de 1.500 euros par formation

Le fonctionnement de base du CPF ne change pas : les salariés continueront d’accumuler 500 euros par an (ou 800 euros pour les publics les moins qualifiés), dans la limite de 5.000 ou 8.000 euros. Ce qui évolue, en revanche, c’est l’accès à ces droits. Désormais, même avec un solde confortable, il sera impossible de financer une formation dépassant 1 500 euros sans mettre la main à la poche. Cette limite s’appliquera indépendamment du montant réellement cumulé.

Ce plafonnement est complété par d’autres limites pour des dispositifs annexes : 1.600 euros pour un bilan de compétences et 900 euros pour le permis de conduire. L’État indique que ces montants ont été définis à partir du coût moyen observé sur les principales formations financées ces dernières années, selon les données fournies dans le cadre de la loi de Finances 2026, à l’origine de la réforme.

Dans la pratique, les usagers du CPF devront désormais participer plus régulièrement au financement de leur parcours. Un exemple simple l’illustre : un titulaire disposant de 4.000 euros qui s’inscrit à une formation facturée 3.000 euros ne pourra mobiliser que 1.500 euros via son compte. Le reste, soit 1.500 euros, sera à sa charge.

Cette logique transforme la manière d’aborder la formation professionnelle. Jusqu’ici, l’accès apparaissait largement ouvert et souvent gratuit pour l’utilisateur. Avec cette réforme, la démarche exigera une réflexion plus stratégique : comparer les organismes, rechercher des cofinancements (employeur, OPCO), voire renoncer à certaines formations jugées trop coûteuses.

Le gouvernement prévoit toujours un ticket modérateur, aujourd’hui de 103,20 euros, que chaque candidat doit acquitter. Ce montant pourrait augmenter autour de 150 euros selon un futur décret, même si la date de publication n’est pas encore connue.

Vers une sélection plus fine des parcours de formation

Ce nouveau cadre devrait encourager les salariés à choisir des formations plus ciblées. Avec un plafond fixe, les formations courtes, certifiantes ou axées sur des compétences opérationnelles pourraient gagner en attractivité. Les organismes seront probablement conduits à adapter leurs offres pour rester accessibles, soit en proposant des formats plus courts, soit en développant des dispositifs complémentaires financés hors CPF.

Les entreprises, elles aussi, pourraient être sollicitées davantage. En interne, certaines pourraient renforcer leurs plans de développement des compétences pour compenser la baisse de prise en charge publique. Les formations longues, particulièrement présentes dans les reconversions professionnelles, risquent d’être les plus affectées. Leur coût dépasse souvent les nouveaux plafonds, ce qui pourrait freiner les projets de transition de carrière.
Les conseillers en évolution professionnelle (CEP) joueront alors un rôle accru pour orienter les actifs vers des financements hybrides ou d’autres dispositifs comme le Pro-A ou les aides régionales.

Certaines organisations professionnelles alertent déjà sur un possible ralentissement de la montée en compétences. À l’inverse, le gouvernement estime que cette mesure permettra de recentrer l’utilisation du CPF sur des besoins réels tout en préservant la viabilité financière du dispositif.

Jean Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame, en charge du site web. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme (IEJ) et membre de l'Association des Journalistes de Défense. Il publie de temps en temps dans la presse économique spécialisée.

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