De quelle éco-anxiété parle-t-on vraiment à l’approche de 2027 ?

Alors que 80 % des Français angoissent pour le climat, 65 % déclarent que l’argent est une source de stress quotidien. À l’approche de 2027, la vraie menace n’est pas seulement écologique mais économique : pouvoir d’achat en chute, fins de mois difficiles normalisées, débats médiatiques hors-sol. Les Français réclament dignité et services publics, pas des incantations vertes.

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By Philippe Bapt Published on 10 septembre 2026 6h30
Réconcilier développement durable et succès économique : l’industrie de la mode en route vers l’Éconogie
Réconcilier développement durable et succès économique : l’industrie de la mode en route vers l’Éconogie - © Economie Matin
60%60 % des Français évoquent une « éco-anxiété » chronique

80 % des Français angoissent pour le climat en 2050, mais près de 65 % d'entre eux déclarent que l'argent est une source de stress dans leur vie quotidienne, et surtout que 61 % des Français ne peuvent pas absorber une dépense imprévue de 1 000 euros.

Alors que 60 % de la population subit la baisse de son pouvoir d'achat et que les débats médiatiques s'enferment dans des polémiques hors-sol, la vraie facture qui menace les échéances de 2027 n'est pas seulement écologique : elle est économique.

L'Observatoire de l'éco-anxiété (Obseca) a dévoilé les chiffres clés d'une étude menée fin juillet 2026 et parus début septembre : une augmentation de 50% des Français se disent stressés par le changement climatique par rapport à l'étude de 2025, au final, 60 % des Français évoquent une « éco-anxiété » chronique face aux catastrophes à venir. Les chiffres tombent, la culpabilité monte.

Mais sur le terrain, de quelle éco-anxiété parle-t-on vraiment ?

Car il y a un autre baromètre, bien plus concret, qui fait froid dans le dos : celui du porte-monnaie. Aujourd'hui, c'est l'économie-anxiété qui terrasse nos concitoyens. Avec un budget dans le rouge dès le 10 du mois, des factures d'énergie qui flambent et un pouvoir d'achat en apesanteur, le vrai cauchemar n'est plus seulement pour 2050. Il est pour mardi prochain au passage en caisse.

Par ici « Le Parisien » présente la rentrée 2026 ainsi « Dans le sillage de la hausse des prix du carburant, les Français cherchent des parades pour tenter de maintenir leur pouvoir d'achat » , ce lundi 7 septembre, pendant que « Les Echos » titrent « Voici la somme qu'il manque chaque mois aux Français pour vivre sereinement », et j'en passe…

Bref, baisse du pouvoir d'achat, inflation invisible dans les chiffres officiels mais bien réelle, sentiment d'abandon des classes moyennes, incertitudes professionnelles croissantes... Les fins de mois difficiles ne sont plus une exception, elles se normalisent.

Comment voulez-vous alors parler de « transition » ou de « sobriété heureuse » à des ménages qui pratiquent déjà la sobriété subie depuis plusieurs années ?

Et comme si ce grand écart entre caddie vide et urgence climatique ne suffisait pas, la machine médiatique tourne, elle, à plein régime sur ses obsessions favorites. Envolées lyriques, débats hystérisés sur le port du voile, polémiques en boucle sur les plateaux de télé dites d'information en continue ... L'espace public est littéralement saturé par ces querelles identitaires à répétition.

Un théâtre d'ombres orchestré par une classe politique et médiatique hors-sol, persuadée d'occuper les esprits. Mais les aspirations profondes des Français sont à des années-lumière de ce cirque permanent : ce qu'ils réclament au quotidien, ce n'est pas une millième guerre culturelle du soir, le port du voile ou pas le port du voile dans l'espace public, mais tout simplement de la dignité, des services publics qui tiennent debout et la certitude de pouvoir boucler leurs fins de mois.

À l'approche des échéances électorales majeures de 2027, le piège se referme. Les candidats reprennent leurs vieilles recettes : d'un côté la leçon de morale environnementale déconnectée, de l'autre la diversion sociétale permanente ou même les promesses de chèques-cadeaux étatiques financés par une dette abyssale.

Si nos futurs prétendants à l'Élysée s'imaginent pouvoir séduire les Français uniquement avec des incantations vertes ou des débats d'estrade, ils se mettent le doigt dans l'œil. En 2027, le verdict ne se jouera pas sur la moraline ou l'agitation médiatique, mais sur la capacité à redonner de l'air aux portefeuilles.

Parce qu'avant de sauver la planète ou de refaire le monde sur les plateaux TV, ou dans les mois qui viennent en meeting, il va bien falloir réapprendre à faire vivre ensemble et dans des conditions dignes ceux qui habitent dessus.

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Philippe BAPT est un communicant. Diplômé de Novancia Business School en management marketing digital et événementiel, il exerce sa passion comme chargé de communication et consultant chargé de projets. Sa seconde passion la « chose publique » l’amène très tôt dans le champ associatif : social, culturel et sportif. Puis il sera élu local d’une commune de la première couronne de la ville rose de 2008 à 2014. Président de club de rugby, puis d’un groupement d’employeurs et administrateur d’un théâtre-centre culturel, ces différents postes lui confèrent  une expertise dans ces domaines. Retiré du strict jeu politique, il n’en demeure pas moins attentif à l’évolution de l’actualité et devient éditorialiste dans divers médias locaux et régionaux, dès la rentrée 2014. Ses sujets de prédilection : le « jeu » politique, les répercussions économiques et sociales, la recomposition du paysage politique français. 

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