En novembre 2025, Decathlon a officialisé sa participation à un projet de combinaison spatiale intra-véhiculaire, le prototype EuroSuit, destiné à être testé à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Grâce à cette initiative, Decathlon tente de diversifier son modèle économique, d’affirmer sa présence dans la filière high-tech et spatiale, et d’accéder à de nouveaux marchés à haut potentiel d’innovation.
Un investissement stratégique dans l’innovation industrielle
Decathlon, traditionnellement positionné sur le marché du sport et des loisirs, investit aujourd’hui dans un programme mené avec le CNES, le MEDES et la start-up Spartan Space, autour de la tenue EuroSuit, a annoncé l'équipementier dans un communiqué officiel. Il s’agit d’installer une expertise nouvelle dans les domaines textile-ergonomie, capteurs, ergonomie extrême, ce qui correspond à un repositionnement vers des segments de marché à forte valeur ajoutée. Dans ce contexte, la démarche peut être lue comme une extension du domaine d’activité de Decathlon, qui valorise son pôle “Advanced Innovation” pour pénétrer l’écosystème du spatial.
Pour Decathlon, cela peut signifier un effet double : valoriser son image d’innovateur et capter à terme des débouchés nouveaux — par exemple dans la fourniture d’équipements spécialisés pour les missions spatiales ou pour des applications dérivées (aéronautique, défense, extrême environnement). En somme, ce virage industriel est un moyen de renforcer la chaîne de valeur à laquelle l’entreprise participe.
Impact potentiel sur les coûts, la chaîne d’approvisionnement et la souveraineté
Le projet EuroSuit s’insère dans un objectif plus large : celui de réduire la dépendance européenne aux grands acteurs américains et russes du spatial, indique Les Numériques. Pour Decathlon, cela ouvre la voie à une participation dans une filière stratégique, ce qui pourrait générer des effets de volume et de compétences. Industrialiser une tenue spatiale, même dans un premier temps à faible série, permet potentiellement d’amortir certains coûts de R&D et de fabrication, et d’installer des partenariats avec des acteurs du spatial.
Par ailleurs, en apportant son expertise textile et ergonomique à un tel équipement, Decathlon pourrait influencer la chaîne logistique — matériaux techniques, capteurs embarqués, ergonomie de précision — ce qui allégerait certains coûts de production ou ouvrirait des synergies entre sports extrêmes et spatial. Cette interconnexion de marchés pourrait, à son tour, être source d’économies d’échelle ou de transfert technologique.
Enfin, la participation à ce type de projet renforce le “capital marque” de Decathlon dans un domaine d’avenir, ce qui peut stimuler la valorisation à long terme, la montée en gamme et l’attractivité pour des investisseurs ou des partenaires industriels.
Opportunités de marché et modèles de monétisation
Si pour l’instant le prototype EuroSuit vise une mission test à bord de l’ISS avec l’astronaute Sophie Adenot, l’anticipation est déjà posée pour une version opérationnelle et, au-delà, des produits dérivés ou des solutions de niche.
L’enjeu économique est notable : les équipements spatiaux, bien que produits en petite quantité, reposent sur des marges élevées et sur des savoir-faire rares. Pour Decathlon, cela pourrait signifier l’accès à un marché premium distinct de son cœur “grand public”.
De plus, il existe un effet levier marketing : l’association à une mission spatiale valorise l’image de marque, ce qui peut renforcer les ventes dans les segments loisirs/techniques, même grand public. En outre, un tel projet permet d’accéder à des financements publics ou part-publics, des subventions européennes, et de capitaliser sur des réseaux de recherche et développement.
Les retombées à long terme peuvent également inclure l’exportation de technologies développées pour le spatial vers d’autres domaines (automobile, médical, extrême environnement), ce qui étoffe le champ économique pour Decathlon et ses partenaires.
