Changer de logement, c’est souvent un parcours du combattant. Entre les cartons, les devis, les coups de fil, les faux espoirs et les vrais frais, la facture grimpe aussi vite que la pression. Mais voilà : en 2025, l’État, les collectivités, les caisses sociales ou même les entreprises ont sorti le carnet de chèques pour alléger un peu le coût d’un déménagement. Encore faut-il savoir où frapper. Spoiler : tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.
Déménagement : ces aides que vous ignorez sûrement

Le déménagement, une épreuve budgétaire sous-estimée
Le mot déménagement rime rarement avec "économie". Pour une personne seule, le coût moyen oscille entre 600 et 1 200 euros pour un déplacement dans la même ville, selon les devis collectés par les professionnels du secteur. Pour une famille de quatre personnes changeant de région, la note peut facilement grimper à 2 500 euros, voire plus en haute saison ou si des prestations complètes sont requises. Et pourtant, rares sont les Français à connaître les aides auxquelles ils peuvent prétendre.
Prime CAF : une aide réservée aux grandes tribus
C’est l’aide la plus connue… mais aussi la plus restrictive. La prime de déménagement versée par la Caisse d’allocations familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA) s’adresse uniquement aux familles nombreuses. Il faut avoir au moins trois enfants à charge, nés ou à naître, pour espérer décrocher ce petit coup de pouce.
Les conditions sont strictes : bénéficier de l’APL ou de l’ALF pour le nouveau logement, et déménager dans une fenêtre très précise (entre la fin du 3e mois de grossesse et les deux ans du dernier enfant). L’aide est plafonnée à 1 138,49 euros pour trois enfants, 1 233,36 euros pour quatre, avec 94,87 euros supplémentaires par enfant au-delà.
Fonds de solidarité pour le logement : pour les plus fragiles
Souvent méconnu, le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) est pourtant une bouée de sauvetage pour les ménages en difficulté. Attribué par les conseils départementaux, il peut prendre la forme d’un prêt sans intérêt ou d’une subvention, destinée à couvrir le dépôt de garantie, le premier loyer, les frais de déménagement ou l’assurance habitation.
Les conditions d’octroi varient selon les départements. Le passage par un travailleur social est en général indispensable. Cette aide s’adresse aux personnes disposant de revenus modestes, que l’on soit locataire, sous-locataire ou accédant à la propriété.
Fonctionnaires et handicap : dispositifs spécifiques
Les agents de la fonction publique de l’État peuvent bénéficier de l’AIP (aide à l’installation des personnels), qui couvre certains frais de déménagement à hauteur de 700 à 1 500 euros, selon la situation. Cette aide est soumise à conditions de ressources et s’adresse aux nouveaux entrants ou aux agents mutés.
Pour les personnes en situation de handicap, la Prestation de compensation du handicap (PCH) permet de financer un déménagement vers un logement mieux adapté. Elle couvre jusqu’à 3 000 euros tous les 10 ans, selon le degré de dépendance et les coûts engagés.
France Travail, conventions collectives : les oublis fréquents
Depuis la disparition de la prime directe au déménagement, France Travail (ex-Pôle emploi) propose une aide à la mobilité. Elle ne finance pas le déménagement en soi, mais les frais annexes (0,20 euro/km, 30 euros par nuitée, 6 euros par repas), plafonnés à 5 000 euros par an, pour les chômeurs devant se rendre à un entretien, une formation ou un poste éloigné.
Par ailleurs, certaines conventions collectives prévoient une prise en charge partielle du déménagement, surtout en cas de mutation. Mieux : un jour de congé spécifique peut être accordé. Encore faut-il que les salariés lisent la fameuse convention.