Déserts médicaux : assez de discours, place aux décisions

À l’approche des élections municipales, la santé s’impose une nouvelle fois comme l’une des premières préoccupations des Français. Et pour cause : dans de nombreux territoires, accéder à un médecin relève désormais du parcours d’obstacles : des délais de rendez-vous incompatibles avec le suivi des patients, des déplacements de plusieurs dizaines de kilomètres, des soins différés ou abandonnés faute de solution de proximité.

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By OphtaMaine Published on 17 février 2026 4h00
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Déserts médicaux : assez de discours, place aux décisions - © Economie Matin
50%50% de la population mondiale sera myope d’ici 2050.

Derrière les statistiques, ce sont des rendez-vous repoussés de plusieurs mois, des suivis interrompus, des soins auxquels on renonce faute de solution de proximité.

Lors des récentes Assises de la télémédecine, la ministre de la Santé a rappelé une évidence trop souvent oubliée : les déserts médicaux ne sont pas une abstraction, mais une réalité humaine, territoriale et sociale. Elle a également posé un cap clair : celui d’organisations de soins mieux coordonnées, ancrées dans les territoires, s’appuyant sur les outils numériques sans jamais se substituer au soin de proximité.

Ces principes ne sont pas théoriques. Ils sont déjà mis en œuvre sur le terrain.

Dans la filière visuelle, des solutions existent déjà et font leurs preuves. Le modèle développé par OphtaMaine en est une illustration concrète. Fondé sur une organisation coordonnée entre orthoptistes et ophtalmologistes, il permet depuis plusieurs années d’améliorer l’accès aux soins ophtalmologiques dans des territoires confrontés à une pénurie de spécialistes. Ce modèle, ancré localement, qui a fait ses preuves, démontre qu’il est possible de concilier qualité des soins, proximité et efficacité organisationnelle.

Le problème n’est plus l’absence de solutions. Le problème est désormais leur reconnaissance, leur diffusion et leur soutien effectif.

À l’heure où les collectivités locales sont appelées à jouer un rôle croissant dans l’organisation de l’offre de soins, les élus municipaux ont une responsabilité particulière. Celle de s’informer sur les dispositifs qui fonctionnent déjà, de faciliter leur déploiement sur leur territoire, et de relayer l’urgence de ces enjeux auprès du ministère de la Santé, des parlementaires, de la Direction Générale de l’Offre de Soins et de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie.

Car les freins aujourd’hui ne sont ni techniques ni médicaux. Ils sont décisionnels.

Les territoires n’ont plus besoin de constats partagés, ni de nouvelles déclarations d’intention. Ils ont besoin de décisions concrètes, de cadres clairs, de choix assumés en faveur des organisations qui apportent déjà des réponses là où l’attente est la plus forte.

À l’heure des municipales, l’accès aux soins ne peut rester un thème de campagne sans traduction opérationnelle. Il est un marqueur de l’égalité territoriale, de la cohésion sociale et, plus largement, de la crédibilité de l’action publique.

Les discours sont là. Les solutions aussi. Il est désormais temps de décider.

Les ophtalmologues du groupement OphtaMaine (Dr. Nassim Belhatri, Dr. Mehdi Cherif, Dr. Paul Denys, Dr. Renaud Laballe, Dr. Florence Ribeaudeau, Dr. Jean-Bernard Rottier et Dr. Théophile Rousseau)

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