Six ans après son lancement, le Plan d’Épargne Retraite (PER) poursuit sa montée en puissance et s’impose comme l’un des piliers de l’épargne longue en France.
Plan d’Epargne Retraite : sur la route du succès

Selon les données du Ministère de l’Économie, le PER comptait 12,7 millions de titulaires au troisième trimestre 2025, pour un encours total de 141,1 milliards d’euros. Sur un an, cet encours a progressé de près de 20 %, témoignant d’une dynamique soutenue.
Le succès du PER repose sur trois facteurs principaux :
- L’inquiétude persistante des Français quant à leur niveau de vie à la retraite ;
- Le mécanisme de déduction fiscale à l’entrée, qui allège l’effort d’épargne ;
- Des rendements compétitifs dans un contexte de normalisation des taux d’intérêt.
Selon l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne, 72 % des non-retraités estiment que les pensions ne sont pas ou ne seront pas suffisantes pour garantir un niveau de vie satisfaisant. Les débats récurrents sur l’équilibre des régimes de retraite alimentent cette perception et renforcent l’attrait des dispositifs d’épargne individuelle.
Le PER permet en effet une déduction des versements du revenu imposable, ce qui réduit le coût réel de l’effort d’épargne. La possibilité de choisir, au moment de la liquidation, entre une sortie en rente ou en capital constitue également un atout structurant, offrant une souplesse adaptée à la diversité des trajectoires patrimoniales.
Les rendements proposés, qu’il s’agisse des fonds en euros des PER assurantiels ou des supports en unités de compte et valeurs de marché pour les PER bancaires, demeurent attractifs au regard des autres placements réglementés ou à court terme.
Un instrument au service du financement de l’économie
Au-delà de sa dimension individuelle, le PER joue un rôle croissant dans le financement de l’économie productive. Plus de 80 % des actifs sont investis en France et dans l’Union européenne. Plus de 60 % des encours participent au financement des entreprises, en fonds propres comme en dette privée, dont plus de 5 milliards d’euros orientés vers des actifs non cotés.
La gestion pilotée par défaut favorise une allocation progressive vers les actifs dynamiques durant la phase d’épargne, avant une sécurisation à l’approche de la retraite. Cette mécanique contribue à orienter l’épargne longue vers le financement des entreprises tout en tenant compte de l’âge et du profil de risque des titulaires.
Une nouvelle étape à franchir
En quelques années, le PER a su conquérir un public large et figure désormais parmi les placements privilégiés des Français, selon l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne.
La prochaine étape de son développement réside dans une diffusion accrue au sein des PME, notamment à travers le PER collectif, ainsi que dans un élargissement de son accès aux ménages modestes. L’enjeu est double : renforcer la préparation financière à la retraite et consolider les capacités de financement de l’économie française et européenne.
Le Plan d’Épargne Retraite apparaît ainsi comme un instrument structurant de l’épargne longue, au croisement des enjeux démographiques, patrimoniaux et économiques.